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Vie chère, délestages… vers une session houleuse au Parlement  camerounais

Outre le marronnier de la réélection des bureaux des deux chambres, la première session de l’année qui s’est ouverte ce 05 mars revêt des enjeux importants au plan socio-économique, au lendemain de la hausse des prix des carburants à la pompe.

Publiée mercredi 6 mars 2024 à 12:27:41Modifiée vendredi 3 mai 2024 à 11:04:37Temps de lecture 4 minPar Jean Omer Eyango

L'Honorable Cabral Libii

Sénateurs et députés sont appelés à élire les bureaux du Sénat et de l’Assemblée nationale au cours de la toute première session de l’année législative 2024 qui s’est ouverte ce 05 mars au Parlement. Ces deux chambres devraient sans surprise continuer d’être dirigées par Marcel Niat Njifenji, 89 ans, président du Sénat depuis 2013, et Cavaye Yeguié Djibril, qui blanchit sous le harnais de l’Assemblée nationale depuis 1992. Autre événement qui en rajoute à la forte coloration politique de cette session, c’est la prestation de serment attendue des deux nouveaux membres du Conseil constitutionnel nommés le 18 janvier dernier par le président de la République, Paul Biya.

Ce rituel se fera devant les deux chambres réunies en congrès. Au-delà de cet agenda politique et des débats relatifs aux projets de lois que le gouvernement pourrait être amené à déposer, l’actualité socio-économique impose aux élus du peuple d’adresser plus sérieusement la problématique de la vie chère au lendemain de la hausse des prix des carburants et des transports. Notamment, la question des mesures sociales pour protéger le pouvoir d’achat de l’essentiel des ménages, étranglés par la vie chère.

lire aussi : Assemblée nationale : ce qu’il faut retenir de la session parlementaire de novembre 

Le 21 février, le chef de l’Etat a pris un décret portant revalorisation à hauteur de 5% des salaires des fonctionnaires et agents de l’Etat. Il en a été de même pour les allocations familiales à raison de 60%. Cette dernière mesure, qui s’étend aux travailleurs du secteur privé, est un véritable boulet pour les patrons qui ne cessent de crier à l’explosion des coûts opératoires du fait de la hausse des prix de l’électricité, du gaz, entre autres facteurs. Cette réalité rend incertaine l’applicabilité de la hausse des allocations familiales décidée unilatéralement par le chef de l’exécutif, au moment même où les négociations engagées entre le gouvernement, le secteur privé et les syndicats au sujet du Smig s’avèrent laborieuses. A côté de la question de la cherté de la vie, il y a les délestages électriques qui ont atteint un nouveau pic depuis janvier du fait, dit-on officiellement, d’une chute de la production liée à la baisse de l'hydrologie du fleuve Ntem, sur lequel est construit le barrage hydroélectrique de Lom-Pangar (211 MW de capacité).

lire aussi : Assemblée nationale : bilan de la session parlementaire de mars

Passage en force

A l’Assemblée nationale, les députés de l’opposition, notamment Jean-Michel Nintcheu, transfuge du Social Democratic Front (SDF), et le petit groupe d’élus du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (Pcrn) conduit par Cabral Libii sont chauffés à blanc dans l’attente des questions orales aux membres du gouvernement. Mais, ils ne sont visiblement pas seuls à attendre ce rituel des questions orales. La doyenne d’âge, Laurentine Koa Mengue, épouse Mbédé, a marqué les esprits ce 05 mars à l’ouverture de la session, non seulement en brocardant ses collègues députés qui se préoccupent très peu de la condition du peuple qu’ils sont censés représenter au Parlement, mais aussi en dénonçant un niveau de dégradation inacceptable des services sociaux de base.

« Nos villes se mouraient et se meurent encore, étouffées par des montagnes d’immondices ; les routes des mêmes villes et de l’arrière-pays, se sont transformées en de véritables tombeaux ; la corruption a continué de gangrener le service public. Les coupures intempestives d’électricité, une catastrophe énergétique. Les maladies hydriques ont gagné du terrain faute d’une eau potable, en quantité suffisante. La majorité de nos Centres de Santé continuent d’être malades, malades de l’insuffisance du personnel, des médicaments et de la médiocre qualité des plateaux techniques », a-t-elle dénoncé.

La plus âgée des députés camerounais encourage particulièrement les opérations coups de poing du ministère en charge du Commerce afin de contenir l’inflation, de lutter contre la vie chère et les pénuries, d’autant que « le panier de la ménagère a continué de subir des délestages ». Il y a lieu d’espérer qu’une plénière en bonne et due forme soit organisée sur ces questions de grande préoccupation, après que le gouvernement ait effectué un quasi-passage en force en augmentant à nouveau les prix des carburants à la pompe sans passer par le Parlement.

lire aussi : Parlement : Les dossiers attendus de la session parlementaire de mars 2023

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