Le XIXe Sommet de la Francophonie, tenu du 4 au 5 octobre à Villers-Cotterêts et au Grand Palais de France, a été un événement marquant. Mais de l’avis de certains participants, l’éclat de cet évènement a été atténué par plusieurs absences notables, notamment celles de chefs d'État de la Cemac, du Sénégal et des pays du Maghreb. Un fait rare, surtout compte tenu de la longue histoire diplomatique et culturelle qui unit ces nations à la France.
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Alors que seuls trois chefs d’État de la Cemac étaient présents — Idriss Déby du Tchad, Faustin-Archange Touadéra de la Centrafrique et Clotaire Oligui Nguema du Gabon — d'autres grandes figures comme Paul Biya (Cameroun), Denis Sassou Nguesso (Congo), Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale) étaient absentes. Du côté du Maghreb, l’absence de l’Algérie (14,9 millions de francophones), du Maroc (13,45 millions de francophones), de la Tunisie (6,32 millions de francophones) qui comptent aux côtés du Cameroun (11,49 millions de francophones) parmi les pays ayant le plus de francophones au monde a également marqué les esprits.
Bassirou Diomaye Faye viole la tradition
Parmi ces absences, c’est sans doute celle du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye qui a le plus marqué les esprits. C’est en effet la première fois qu’un chef d’Etat Sénégal ne participe pas à un Sommet de la Francophonie. A l’image de ses paires qui ont brillé par leur absence aux assises de Villers-Cotterêts, la non-participation de ces dirigeants est d’autant plus significative que ces derniers avaient récemment pris part aux sommets Chine-Afrique et Russie-Afrique, deux événements où la présence africaine était forte. Lors du Sommet Russie-Afrique de juillet 2023 à Saint-Pétersbourg, malgré les tensions internationales liées à la guerre en Ukraine, 17 chefs d'État africains avaient fait le déplacement, marquant l'importance stratégique croissante de la Russie pour l'Afrique. De même, lors du Sommet Chine-Afrique, la présence des pays africains avait consolidé des liens commerciaux et diplomatiques toujours plus intenses avec Pékin.
L’influence de la France en question
Ce contraste met en lumière une redéfinition des priorités diplomatiques pour certains États africains, qui semblent de plus en plus tourner leur regard vers des puissances émergentes comme la Chine et la Russie, tout en prenant leur distance avec des rendez-vous diplomatiques traditionnels comme la Francophonie.
Ces absences, certes remarquables, n’ont cependant pas masqué la participation de personnalités telles que le Prince Albert II de Monaco, le roi du Cambodge Norodom Sihamoni, le président de la République du Rwanda Paul Kagame ou encore de la RDC Félix Tshisekedi. Cette année, le Sommet de la Francophonie a accueilli 160 délégations dont 200 exposants pour des rencontres d’affaires au rythme de 50 rencontres simultanées toutes les 20 minutes et 5 grandes thématiques explorées à savoir : l’intelligence artificielle, la transition énergétique, le capital humain, le développement, le financement de l'innovation.

