Le Cameroun intensifie l’assainissement de son registre maritime. Dans un communiqué signé le 29 mai 2026, le ministre des Transports, Jean Ernest Masséna Ngallè Bibéhé, annonce une vaste opération de nettoyage du pavillon national après des investigations ayant révélé de multiples irrégularités dans l’immatriculation et l’exploitation de navires battant pavillon camerounais.
Selon des documents consultés par EcoMatin, cette opération s’est déjà traduite par la radiation de 39 navires du registre camerounais et la dénonciation de 16 autres auprès des autorités nationales et internationales compétentes. Yaoundé affirme avoir identifié plusieurs navires opérant « en violation de la réglementation nationale et des conventions internationales en vigueur », notamment « par l’usage frauduleux du pavillon camerounais », tandis que certains bâtiments font déjà l’objet de sanctions internationales.
Le communiqué révèle également que plusieurs navires pourtant radiés continuaient à naviguer « au moyen d’identifiants radioélectriques délivrés par l’Etat du Cameroun ». Plus grave encore, des « sites internet domiciliés tant au Cameroun qu’à l’étranger » procéderaient à « l’attribution frauduleuse du pavillon camerounais à des navires, en dehors de tout cadre légal et réglementaire ». Face à ces dérives, le ministère des Transports indique avoir saisi les autorités compétentes afin de « faire cesser définitivement les dérives constatées ». Cette offensive s’inscrit dans une opération d’« assainissement du pavillon camerounais » prescrite par le Premier ministre, précise le texte.
Le dossier est particulièrement sensible pour Yaoundé, déjà sous surveillance de l’Union européenne depuis le « carton rouge » infligé au Cameroun en 2023 pour insuffisances dans la lutte contre la pêche illicite, non déclarée et non réglementée (INN). En février 2026, sur instruction du Premier ministre Joseph Dion Ngute, le gouvernement avait déjà suspendu les nouvelles immatriculations de navires soupçonnés d’appartenir à la « flotte fantôme » accusée de contourner les sanctions occidentales contre les exportations pétrolières russes.
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