Un conflit foncier oppose depuis plusieurs années la Mission d’aménagement et de gestion des zones industrielles (MAGZI) à la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY), paralysant plusieurs projets industriels dans les zones de Mvan et Nsam. En toile de fond : près de 29 hectares de terrains contestés et plusieurs dizaines de milliards de FCFA d’investissements aujourd’hui à l’arrêt selon la MAGZI. Parmi les projets affectés figure celui de la Société de fabrication des vins du Cameroun (SOFAVIN), dont l’extension d’usine à Nsam, évaluée à plus de 1,6 milliard FCFA, est bloquée depuis plusieurs années malgré un permis de bâtir obtenu en 2009. Un second projet industriel de plus de 3 milliards FCFA, lancé en 2020 à proximité du canal du Mfoundi, a également été stoppé à la demande de la CUY. Des ouvrages déjà réalisés sur ces sites ont même été détruits.
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D’autres investisseurs sont concernés, à l’instar de l’Association des bayam-selam du Cameroun (ASBY), dont le projet de marché moderne écologique à Nsam, soutenu par la Banque africaine de développement, n’a jamais obtenu l’aval des autorités locales. Face à cette situation, le directeur général de la MAGZI, Christol Georges Manon, a réuni le 6 mai dernier à Yaoundé 34 entreprises attributaires de parcelles dans cette zone industrielle. « Il s’agit d’un problème ancien, lié notamment à l’occupation illégale des terrains », a-t-il expliqué, distinguant les occupations par des particuliers et celles imputées à des administrations publiques. « Toute la zone située derrière la Société camerounaise des dépôts pétroliers, le marché de Nsam et le lycée technique de Nsam fait partie de la zone industrielle », soutient-il.
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Le principal point de tension concerne la zone de Mvan, où la MAGZI accuse la CUY et la mairie de Yaoundé III d’occuper ses emprises, empêchant les entreprises de s’y installer. Selon son directeur général, ces occupations s’appuient sur des déclarations d’utilité publique qui n’ont pas été suivies des procédures d’expropriation requises. « La communauté urbaine de Yaoundé et la mairie d’arrondissement de Yaoundé III se sont engagées dans une opération d’occupation des espaces de la MAGZI à Mvan, empêchant ainsi les entreprises attributaires de terrains de s’y implanter », accuse Christol Georges Manon. « Une déclaration d’utilité publique suppose normalement une expropriation, un décret d’expropriation ainsi qu’une indemnisation », insiste-t-il. Le directeur général évoque, notamment, les aménagements réalisés autour du canal construit dans le cadre du Projet d’assainissement de Yaoundé (PADY).
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Pour la MAGZI, le coût financier devient préoccupant. Les pertes liées aux redevances foncières sur les 29 hectares concernés sont estimées à près de 300 millions FCFA par an depuis quatre ans, créant des tensions de trésorerie. Au-delà, ce sont surtout plusieurs dizaines de milliards FCFA d’investissements privés qui restent gelés.
Le dossier, actuellement pendant devant la Cour suprême, s’inscrit dans un bras de fer institutionnel ancien. Une correspondance du Premier ministre, datée de novembre 2021, demandait déjà à la mairie de Yaoundé de mettre fin aux actions susceptibles de compromettre les projets dans cette zone.
Contactée par EcoMatin, la Communauté urbaine de Yaoundé n’a pas répondu à nos sollicitations.

