Depuis l’opérationalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), le Cameroun est lancé dans une dynamique d’internationalisation de ses produits alimentaires. Ainsi après les fruits (safous, ananas séchés, gingembre) et le thé (lancés sur le marché africain en 2022), c’est autour du manioc camerounais de cibler ce vaste marché d’un potentiel de 1,3 milliard de consommateurs.
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Les opérateurs de la filière manioc ont reçu, le 1er novembre dernier, une session de formation visant à leur apprendre à tirer profit des opportunités qu’offre la Zlecaf. Cette initiative du ministère camerounais des PME, organisée dans le cadre du « Projet de renforcement des capacités de production, de transformation et de commercialisation des femmes entrepreneures de la filière manioc dans la Zlecaf », a eu pour objectif de montrer à ces acteurs (constitués essentiellement de femmes) comment relever leur capacité de production et booster les recettes à travers les ventes à l'international d’ici 2027.
Relever les revenus de la filière
Au Cameroun, le principal bassin de production du manioc est le département du Moungo, dans la région du Littoral. Environ 4,5 millions de tonnes de ces tubercules sont produites chaque année dans cette partie du pays avec près de 330 000 hectares de terres cultivées en 2022. Pour un rendement moyen de 40 tonnes/ha et un potentiel de transformation de moins de 1 000 tonnes, la filière génère en moyenne 1 million de Fcfa par hectare à l’année selon les résultats du « Compte d’exploitation des plantations de manioc au Cameroun » sur le triennat 2019-2021.
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Calculette à la main, ce sont des revenus annuels potentiels de 330 milliards de Fcfa qui sont générés par l’activité de production et transformation de manioc et qui pourraient être décuplés grâce aux exportations et aux investissements consentis. En effet, durant l’exercice 2023, le pays a décaissé -avec le concours des bailleurs de fonds dont l’Inde- 13 milliards de Fcfa en faveur d’un projet de réalisation des plantations de manioc. Cette année, ce sont un peu plus de 4 milliards de Fcfa qui y ont été investi entre janvier et septembre selon la Caisse autonome d’amortissement (CAA). De plus, sur le plan industriel le gouvernement planifie la création de 4 usines de transformation de manioc en farine locale à court terme et de 150 unités à travers le pays à l’horizon 2030.
Soulignons que, cette dynamique gouvernementale est motivée par l’inauguration, en 2023, d’une première usine moderne d’une capacité de 550t/mois dans la région du Sud (un investissement privé d’environ 441 millions de Fcfa). Toutefois, ces actions de l’Etat en plus du lancement des exportations de manioc contribueraient à relever l’économie du pays quand on sait qu’elle est quelque peu dépendante du secteur agricole qui emploie environ 60% de la main d’œuvre active nationale selon les chiffres de l’Institut national des statistiques.

