Le Tchad a officiellement lancé, le 11 avril 2025 à N’Djamena, la phase cartographique de son troisième Recensement Général de la Population et de l’Habitat (RGPH-3). La cérémonie, présidée par le ministre de l’Économie Tahir Hamid Nguilin, marque le début d’une opération d’envergure nationale, 16 ans après le dernier recensement en 2009 et plus de trois décennies après le tout premier en 1993. Cette première étape, dite « cartographie censitaire », vise à diviser le territoire en zones de dénombrement pour faciliter la collecte des données sur l’ensemble du pays.
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Selon le membre du gouvernement, le Tchad a un grand intérêt à avoir des données fiables et actualisées sur sa populationpour plusieurs raisons. D’abord, ce recensement permettra au pays de disposer d’ici en 2026, d'informations exhaustives et exactes sur la répartition géographique, la population et ses différents besoins tels que l’accès à l’eau, l’électricité, l’éducation, santé, logements décents à des interventions publiques en matière de développement économique. C’est également un outil qui servira à l’élaboration des politiques et les programmes de développement socioéconomique adaptés aux besoins de ladite population. « Le recensement fournira une base de données indispensable à la planification et à l’évaluation des politiques publiques : sans données fiables et à jour, il est hasardeux de bâtir un développement durable et inclusif », a-t-il déclaré.
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À noter que ce recensement intervient dans un contexte stratégique pour le Tchad, engagé dans la mise en œuvre de son Plan national de développement 2024-2028. La réussite de ce programme dépend en grande partie de la mise à jour des indicateurs macroéconomiques, devenus obsolètes dans un monde confronté à une urbanisation rapide, accentuée par l’exode rural, l’afflux de réfugiés, une forte natalité, les effets du changement climatique, sans oublier les crises sanitaires et les conflits à répétition. Lors du dernier recensement en 2009, la population tchadienne était estimée à 11,039 millions d’habitants, avec un taux de croissance d’environ 3,6 %. Plus de quinze ans plus tard, cette croissance est désormais évaluée à 3,2 %, tandis que la population est projetée à 19,3 millions d’habitants en 2025, selon les estimations de l’Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED).
En somme, le gouvernement de N'Djamena veut, à travers son troisième recensement, « gagner le combat du développement et d’amélioration des conditions de vie et de santé de notre population ». Au niveau des collectivités locales, « le recensement, c’est aussi une façon d’accompagner la décentralisation. L’autonomisation et la gestion locale et la démocratie locale en renforçant et en dotant nos collectivités d’arguments chiffrés, utiles à la mobilisation des financements et à la réalisation des équipements », rassure Tahir Hamid Nguilin.
De source officielle, la réalisation du RGPH-3 sera pilotée par l’Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques, et cofinancée par la Banque mondiale et le Fonds des Nations unies pour la population (Unfpa). Le coût du projet n’a pas été dévoilé. Le ministre des Finances a tout de même indiqué que la phase de comptage proprement dite interviendra en avril 2026 pour une durée de 2 mois.
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