Depuis quelques mois déjà, le Gabon traverse des vents contraires pour ce qui est de l’approvisionnement en sucre. La Sucrerie Africaine (Sucaf) du Gabon, unique producteur de sucre du pays a longtemps été prise dans un tourbillon entre production à la baisse, difficultés d’approvisionnement des surfaces de vente de Libreville et des différentes provinces en sucre, difficultés logistiques, projets en suspens et lourdes pertes. Conséquences, pénurie de sucre et hausse brutale des prix (de 925 à 1500 Fcfa). Pour pallier cette crise, l’Etat gabonais a pris une mesure de sauvetage : la privatisation. Autrefois propriétaire à 100% de cette entreprise chancelante, l’Etat gabonais a décidé de céder au moins 65% de ses actions à un industriel du secteur du sucre. Ainsi, le groupe turc MFB International, repreneur de la Sucrerie Africaine du Gabon (Sucaf), a entrepris de relever la sucrerie nationale et résorber l’important déficit de sucre que traverse le pays. Lors de sa rencontre avec le ministre gabonais du Commerce, Marie Paulette Amouyeme Ollame le 7 juin dernier, Faruk Basturk, responsable de MFB a présenté son plan d’action.
Tout d’abord, le nouvel acquéreur de Sucaf Gabon a annoncé la mise à disposition, dans les prochains jours de 17 000 tonnes de sucre afin de combler le déficit et rassurer les populations sur une sortie imminente de cette situation de crise. « Nous avons rassuré la ministre du fait que nous sommes en train d’acheminer un lot de sucre qui va venir dans quelques jours et qui va faire disparaitre cette rupture », a indiqué Faruk Basturk à la presse locale. Le groupe s’est également engagé à appliquer une fréquence d’importation de 10 000 tonnes de sucre chaque trimestre pour couvrir les besoins du marché national pendant une période de douze mois suivant l'accord passé avec l'État gabonais.
MFB International a également soulevé la question du prix et annoncé un « retour à la normale ». Alors que le prix du paquet de sucre de 1 kilogramme était passé du simple au double, Faruk Basturk promet que le sucre ne connaîtra pas une nouvelle augmentation mais retournera au prix homologué par l’État. « Les prix homologués par l’État (950Fcfa le kilogramme de sucre) sont ceux qui seront en vigueur sur le marché » a indiqué Faruk Basturk. Une assurance qui devrait soulager bien de pâtisseries et restaurants mais aussi plusieurs ménages de ce pays d’Afrique centrale.
Relever la capacité de production
Le groupe turc MFB International a racheté l'entreprise Sucaf en avril dernier et s’est engagé à investir un minimum de 11 milliards de Fcfa pour la réhabilitation et la modernisation de l'usine ainsi que de l'ensemble des outils de production. Ainsi, l’investisseur a présenté au ministre du Commerce son projet de de sortir de terre une nouvelle usine industrielle de sucre à Libreville, capitale gabonaise afin de relever la capacité de production de l’usine de Sucaf à Franceville. « Nous avons également donné les informations concernant les acquisitions d’une unité industrielle pour non seulement installer des équipements de conditionnement sur Libreville mais également des équipements pour augmenter la capacité de production sur Franceville », a expliqué Faruk Bastuk.
A date, la Sucaf, qui va changer de dénomination pour devenir « Les Sucreries du Gabon S.A », exploite environ 13 151 ha de plantations de cannes à sucre dans la région du Haut-Ogooué depuis 2020 et revendique une production annuelle dont les volumes se situent à près de 27 000 tonnes selon les chiffres officiels du ministère du Commerce.

