En 2024, le Cameroun a dépensé 206 millions d’euros, environ 135 milliards FCFA, en achats de produits agricoles, agroalimentaires, bois et biodiesel en provenance de la France, selon l’Établissement national des produits de l'agriculture et de la mer français (FranceAgrimer). Dans un rapport sur les performances à l’export des filières agricoles et agroalimentaires françaises récemment publié, FranceAgrimer souligne que cette valeur est en baisse de 18,25% par rapport à 2023 où elle s’est établie à 252 millions d’euros ; une baisse est due à un ralentissement des ventes de blé, représentant 65% des achats agro-alimentaires du Cameroun depuis l’hexagone. « La valeur des exportations vers nos principaux clients d’Afrique subsaharienne a baissé de 5% en 2024, freinée par une réduction des achats de blé français du Cameroun (-16%) et du Sénégal (-21%) », peut-on lire dans le rapport.
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Cette situation, FranceAgrimer l’explique par une diminution du volume d’exportations de blé français vers les pays tiers hors Europe, à cause du recul de la production nationale observée cette année. En effet, selon le service relié au ministère français du Commerce souligne que la production de blé français a stagné à 25,17 millions de tonnes contre 35 millions en 2023, soit une baisse de 9,830 millions de tonnes (-20%). « Une production relativement mauvaise causée par une pluviométrie défavorable […] la plus faible depuis 1983 », a commenté Martin Gutton, directeur général de FranceAgrimer.
Quelles conséquences pour le marché meunier camerounais ?
La baisse des achats de blé du Cameroun depuis la France se faisait déjà ressentir à la fin du 3ème trimestre 2024. Selon Momo Ebongue, Secrétaire général du Groupement des industries meunières du Cameroun (Gimc), « le volume de blé d’origine française importé par le Cameroun enregistrait déjà une légère baisse à fin aout, dont on pourrait trouver la source dans la diminution de l'offre globale de la France ». Il indique que la part de l’origine France a reculé d’1 point dans le volume global importé à cette période là, passant de 24% à 23%. On pourrait donc s’attendre à ce que les importations de la France soient en deçà des 273 730 tonnes (31% des importations totales du pays, Ndlr) de 2023, selon les données du Gimc.
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Il faut souligner que, le Cameroun importe en moyenne 850 000 tonnes de blé par an en provenance de douze pays selon les dernières données de l’INS sur les échanges commerciaux du Cameroun. Sur les 889 000 tonnes importés en 2023, la France a fourni 30,5%, se positionnant ainsi au premier rang dans la liste des fournisseurs de blé du Cameroun. Cependant, le pays effectue également des achats de blé depuis la Pologne (25,5% de parts de marché), l’Allemagne (15,2%), la Russie (10,8%), le Canada (7,2%), l’Estonie (5,3%), la Lituanie (3,5%) ou même encore la Lettonie 1,7%. Une diversité de source d’approvisionnement qui garantit au Cameroun la disponibilité de cette graine dorée, même en cas de baisse du volume d’importation du blé français. « Cette baisse n’a pas eu de conséquence directe sur les capacités d’approvisionnement en blé du Cameroun grâce à la diversification des origines qui est devenue partie intégrante désormais de notre politique d'achats de blé. Une politique qui s’est d’avantage ancrée dans les habitudes avec le déclenchement du conflit russo-ukrainien en 2022 », explique Momo Ebongue. Cependant, il indique qu’il y a peu de chances que « la cartographie évolue de façon conséquente au point de basculer la France de sa première place de premier fournisseur de blé au Cameroun ».
Toutefois la priorité des acteurs locaux reste la disponibilité de la matière première. « Ce n'est pas l'origine du blé seule qui détermine le choix des meuniers camerounais, mais aussi sa qualité, sa disponibilité et sa compétitivité sur le marché mondial (…) Nous restons déterminés à offrir à notre marché national la farine issue d'un blé de très bonne qualité, tout en préservant les coûts d’exploitation enfin de maintenir le cout de revient final de la farine à l’échelle des prix homologués », conclut le Secrétaire général des du Gimc.

