Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Austérité: dépenses fiscales et entreprises publiques dans le viseur de l’Etat

Confronté à de sérieuses difficultés économiques ainsi qu’à fortes tensions de trésorerie, le gouvernement entend procéder à une revue des exonérations fiscalo-douanières peu pertinentes et inefficaces en vue de rationaliser ses dépenses ; le même ajustement concerne les sociétés relevant du portefeuille étatique dont le déséquilibre financier, le manque de rentabilité et la productivité moribonde grève les efforts de mobilisation des ressources de l’Etat.

Publiée lundi 11 juillet 2022 à 14:27:10Modifiée lundi 11 juillet 2022 à 14:27:14Temps de lecture 5 minPar EcoMatin

WhatsApp-Image-2022-07-05-at-19.28.52-780x470
le ministre des Finances Louis Paul Motaze face aux élus de la nation

C’est un véritable tour de vis que s’apprête à opérer le gouvernement pour équilibrer la situation de ses comptes. Engagé dans la mise en œuvre du plan de reconstruction des zones en guerre, l’implémentation de la politique d’import-substitution, la réduction considérable du stock de la dette qui, de l’avis du ministre des Finances est au seuil du surendettement, l’Etat envisage de porter un coup à toutes les dépenses peu productives et à la pertinence questionnable en vue de rationaliser ses sorties de fonds et d’optimiser ses recettes.

Dans cette perspective, lors de la présentation du document de programmation économique et budgétaire 2023-2025, le ministre des Finances a présenté les mesures prises par le gouvernement en vue de rééquilibrer ses comptes et de ne pas succomber à la conjoncture économiques défavorable. «Force est de constater que le gouvernement reste confronté à court terme à une situation des finances publiques vulnérable, caractérisée par la faiblesse du niveau des recettes non pétrolières (moins de 12,5% du PIB), un risque de surendettement élevé matérialisé par un service de la dette de plus en plus élevé qui réduit les marges de financement du budget », explique Louis Paul Motaze.

Lire aussi : Fiscalité : les incitations du gouvernement pour doper la bourse en 2022

En plus de ces écueils qui constituent de véritables goulots qui étranglent les caisses de l’Etat, il faut ajouter le niveau élevé des subventions des produits pétroliers à la pompe, ainsi que la masse salariale, rendue insoutenable par le volume des recrutements annuels et la multiplication des poches de distraction et de déperdition des ressources. Face à cela, les premières mesures concernent la réduction, puis la suppression définitive des exonérations fiscalo-douanières inefficaces et peu pertinentes par le gouvernement. Dans la batterie d’options audacieuses visant à optimiser la mobilisation des ressources internes non pétrolières et la rationalisation des dépenses, les dépenses fiscales constituent le premier chantier auquel le gouvernement va s’attaquer de front.

«L’accompagnement de la politique d’import-substitution impose que les exonérations sur certains produits qui grèvent la balance commerciale et qui sont ciblés dans le cadre de cette lutte tels que le riz, le poisson le blé, soient aujourd’hui réduites ou progressivement supprimées dans l’optique de favoriser la compétitivité et la productivité locale de ces biens», assure le ministre. Rien qu’en 2019, les dépenses fiscales liées à la TVA totale rapportées aux recettes fiscales générées par cette même taxe, représentent une proportion de 35,1%. Le poids des dépenses fiscales relatives aux droits de douanes à l’importation sur les recettes générées par cette même taxe en 2019 s’est établi à 42,5%.

En additionnant les mesures qui ont profité aux entreprises, particuliers et ménages qui en réalité ne bénéficient qu’à hauteur de 26% de ces mesures d’assouplissement, l’on se rend compte que les dépenses fiscales ont coûté plus de 584 milliards de Fcfa au fisc rien qu’en 2019 sur 2521,8 milliards de recettes fiscales collectées. Sur les exercices 2018 et 2019, l’Etat a consenti des dépenses fiscales de l’ordre de plus de 1130 milliards de Fcfa.

Lire aussi : Fiscalité, douane, dette publique… : les innovations du projet de loi de finances 2022

Les premières injonctions du FMI portent leurs fruits

S’agissant des entreprises publiques, les premières mesures ont été prises il y a quelques jours avec la mise sous contrat de performance de ces dernières. En effet, les entreprises et établissements du portefeuille de l'Etat camerounais seront mis sous contrats de performance pour une période de deux ans, à compter du 1er janvier 2023, selon une circulaire du ministre des Finances du 5 juillet 2022. Lesdits contrats, applicables aux 38 entreprises publiques du pays, s'inscrivent dans un horizon de trois à cinq ans, avec une évaluation à mi-parcours soit par un comité d'experts, soit par un cabinet indépendant.

A travers l'instauration de règles managériales basées sur la performance, le gouvernement se plie aux exigences du Fonds monétaire international dans le cadre du programme économique et financier triennal 2021-2024, qui devrait entre autres permettre de se séparer des entreprises publiques improductives, budgétivores et vivant essentiellement de la perfusion étatique. Le gouvernement étant engagé dans un programme de réformes de ses finances, se voit dans l’obligation d’assigner des objectifs opérationnels, techniques, économiques et financiers sur une période bien précise

Selon la Caisse autonome d'amortissement, à fin mars 2022, la dette directe des établissements et entreprises publics du pays était estimée à 860 milliards de francs CFA soit 3,4% du PIB. Or, souligne Louis Paul Motaze, les entreprises et établissements publics doivent « atteindre un niveau de performance souhaitable dans leurs secteurs d’activités respectifs et occuper une place centrale dans l’impulsion du programme de développement du Chef de l’Etat ».

Pour lui, les entreprises publiques en déséquilibre financier structurel aujourd’hui et qui bénéficient d’importants appuis budgétaires chaque année, peuvent faire l’objet de mesures susceptibles d’améliorer leur rentabilité et leur productivité en vue de leur autofinancement ; l’assainissement de ces dernières pouvant permettre d’augmenter les recettes budgétaires », tranche-t-il.

Lire aussi : Développement durable : renforcement de la fiscalité environnementale en 2022

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Austérité: dépenses fiscales et entreprises publiques dans le viseur de l’Etat
Archive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

CAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 17 heuresDaily life in Kerawa village with Boko HaramPolitiques PubliquesLe Cameroun cherche 1 119 milliards FCFA pour relancer sa stratégie agricole après les déboires du Piisah Avec à peine 8% de financement mobilisés, le plan d’import-substitution 2024-2026 a pâti de contraintes de trésorerie mais Yaoundé vient de présenter une autre version baptisée le ''Pacte AgriConnect''. il y a 2 joursEpremiumAllocations familiales CNPSPolitiques PubliquesSécurité sociale : le Cameroun veut élargir les prestations de l'assurance volontaireLe régime destiné aux indépendants et aux travailleurs informels s’essouffle. Selon la CNPS, les nouvelles adhésions à l’assurance volontaire ont chuté de plus d’un quart en un an.il y a 2 joursYaounde VillePolitiques PubliquesCameroun : la participation du public à l’élaboration du budget de l’État s’effondre de 20 à 9 points (rapport)Le Cameroun associe de moins en moins le public à ses décisions budgétaires. Selon l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025, le pays obtient une note de 9/100 sur cet indicateur, contre 20/100 deux ans plus tôt.il y a 3 joursEpremiumdouanesTransport et LogistiqueCameroun, Nigeria et Bénin préparent l’interconnexion de leurs systèmes douaniersCes trois pays avec l’appui d’Afreximbank, préparent un vaste chantier pour fluidifier leurs frontières, dans un contexte où le commerce intra-africain reste marginal comparé au reste du monde.il y a 3 joursEpremiumLe ministre centrafricain des Finances et du Budget XXXPolitiques PubliquesDette publique : la Centrafrique lance une nouvelle offre de rachat de 7,5 milliards FCFA après un premier essai décevantLa première tentative n'avait guère convaincu les investisseurs. Le Trésor centrafricain revient à la charge, alors que plusieurs échéances de remboursement approchent.il y a 4 jours
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 3 jours2Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 3 jours3Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 1 jour4Cameroun : l’offre aérienne s’étoffe avec 21 compagnies, portée par les liaisons africainesil y a 5 jours5Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 3 jours6Fitch abaisse la note souveraine du Cameroun à « B- »il y a 4 jours7CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 3 jours8Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 2 jours9CEMAC : les États veulent puiser dans les dividendes de la BEAC pour recapitaliser la BDEACil y a 4 jours10Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 22 heures
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.