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Mines et énergies

Avima Iron accuse l’Etat congolais de vouloir « spolier » son titre minier

La compagnie minière australienne revendique la propriété du gisement du minerai de fer Avima en République du Congo et dénonce une tentative d’expropriation illégale par les pouvoirs publics alors qu’elle y aurait investi des centaines de millions de dollars.

Publiée lundi 31 mai 2021 à 18:34:24Modifiée vendredi 24 septembre 2021 à 12:24:39Temps de lecture 3 minPar Cedrick JIONGO

La réception, ce lundi 31 mai du ministre congolais des mines et de la Géologie, au palais de l’Unité par le président Paul Biya n’a pas laissé indifférent l’exploitant minier Avima Iron Ore Limited. Officiellement, Pierre Oba a été dépêché par Denis Sassou N’guesso auprès de son homologue du Cameroun pour « parler d’un projet que nous avons commencé conjointement depuis environ 10 ans pour développer le minerai de fer qui est transfrontalier entre les deux pays, parce qu’il relie Mbalam et Nabeba » a expliqué l’émissaire congolais au sortir de sa visite. Une visite qui intervient après le retrait par le gouvernement congolais en novembre 2020 de la licence d’exploitation de la compagnie minière australienne détenue majoritairement par l’australien Core Mining. Les raisons avancées étaient une « insuffisance prolongée d’exploitation manifestement contraire aux potentialités du gisement » ainsi que le « non-paiement des redevances prescrites par la loi ». « Ils ne respectent pas nos lois, ne respectent pas nos Etats, confondent les conventions que nous signons avec nos lois et pensent que nos conventions sont au-dessus de nos constitutions » a regretté l’hôte du palais de l’unité.

Pour l’entreprise Avima, cette prise des devant du gouvernement congolais observée aujourd’hui est une « action illégale » dont la volonté est de lui exproprier un projet minier dont elle se réclame être l’unique propriétaire. « Avima a lancé ce projet il y a 14 ans et a transformé une zone aux sous-sols obscurs en un gisement de minerai de fer de classe mondiale. Il était prévu qu’Avima exploite et transporte 5 mtpa du gisement jusqu’à ce que le nouveau réseau ferré et l’extension du port de Kribi soient finalisés, ce qui aurait alors augmenté ses exportations à plus de 50 mtpa. Avima a passé des années à préparer la production et l’exploitation de ce projet, qui ont abouti à la conclusion d’accords avec le port de Kribi, des sociétés de transport de marchandises, et les gouvernements congolais et camerounais » peut-on lire sur le communiqué publié à cet effet.

La filiale de Core Mining indique qu’elle était supposée commencer l’exploitation de cette zone en janvier 2021, n’eut été le retrait de son agrément ; ce qui lui aurait fait perdre 27 milliards de dollars. Sur ce projet, elle revendique des investissements de centaines de millions de dollars et plus d’une dizaine d’années de travail. Les Australiens indiquent prendre des mesures fortes pour empêcher le gouvernement  Camerounais de jouir de ce partenariat que la République du Congo lui propose au détriment du secteur privé congolais. « Nous avons l’intention de faire valoir nos intérêts et nos droits sur le gisement de minerai de fer Avima, dont l’actuelle propriété est illégitime…Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour protéger notre investissement contre les tentatives d’expropriation illégales de nos actifs et pour assurer l’avenir du projet ainsi que les milliers d’emplois qui en dépendent » justifie Socrates Vasiliades, le représentant d’Avima.

Pour le moment, Brazzaville n’a pas encore réagi à cette sortie de la société minière. Pour rentrer en possession de ses actifs, l’entreprise s’est entourée d’un conseil d’avocats spécialisé en arbitrage international afin de porter l’affaire en justice « Il est difficile d’imaginer un cas d’expropriation plus flagrant. Notre client a investi des centaines de millions de dollars et plus de dix années de travail sur ce projet. La mine était presque prête pour la commercialisation d’un minerai de fer de très grande pureté » a indiqué Me Simon Greenberg, chef de file du conseil d’avocats.

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