Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), la joint-venture principalement contrôlée par l’électricien français EDF et chargée de l’exploitation du barrage hydroélectrique de Nachtigal (420 MW), alerte sur la persistance des impayés qui mettent sa trésorerie sous pression. « Les impayés enregistrés sur nos factures exercent aujourd'hui une pression significative sur la trésorerie, qu'il faut rapidement résoudre afin de préserver la continuité de l'exploitation », prévient sa directrice générale au Cameroun, Claire Gall, dans une récente interview accordée au ministère des Finances.
À peine 10 % des factures payées
Dans les faits, la situation ne se serait pas améliorée depuis la renationalisation d’Eneo, devenue en mai dernier la Société camerounaise d’électricité (Socadel). « La situation n’a pas changé. Socadel paie à peine 10 % de ses factures chaque mois », confie une source proche du dossier. Sur une facture mensuelle d’environ 10 milliards de FCFA, l’électricien public ne verserait ainsi qu’un milliard de FCFA à NHPC. Contactée, Socadel n’a pas souhaité commenter ces chiffres.
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Cette rémunération repose notamment sur un mécanisme dit de « Capacity Payment ». En effet, Socadel rémunère NHPC pour la capacité de production mise à sa disposition, et pas uniquement pour l’électricité effectivement consommée. Ce modèle, courant dans les grands projets énergétiques financés par des investisseurs privés, vise à garantir au producteur des revenus suffisamment prévisibles pour couvrir notamment l’exploitation et le remboursement des financements mobilisés pour construire l’ouvrage. D’un coût de 786 milliards de FCFA, le barrage de Nachtigal dispose d’une capacité de 420 MW et injecte de l’électricité sur le réseau depuis le 18 mars 2025. NHPC exploite l’ouvrage dans le cadre d’une concession de 35 ans, au terme de laquelle il doit être rétrocédé à l’État camerounais. L’entreprise affirme avoir couvert 25 % des besoins en électricité du pays en 2025. L’État est par ailleurs appelé à garantir certains engagements de paiement liés au projet.
200 milliards de FCFA.
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Les impayés envers NHPC s’inscrivent dans les difficultés financières plus larges du secteur électrique. Yaoundé souhaite notamment racheter les participations du britannique Globeleq afin de renégocier les contrats des centrales de Kribi (KPDC) et Dibamba (DPDC) avec Socadel. Le gouvernement évalue leur coût à près de 8 milliards de FCFA par mois et espère réduire cette charge d’environ 3 milliards grâce à une restructuration des accords de capacité.
La renationalisation de l’électricien public doit également s’accompagner d’une restructuration de sa dette, estimée à environ 800 milliards de FCFA, afin de rétablir l’équilibre financier du secteur. En attendant, Socadel cherche de nouvelles liquidités. Le 31 août à Yaoundé, l’entreprise a signé un mandat pour structurer et syndiquer une facilité bancaire globale de 200 milliards FCFA auprès de banques locales. Le montage comprend notamment une ligne renouvelable de 50 milliards destinée aux besoins courants de trésorerie et à la constitution d’une réserve de liquidité.
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Un mois plus tôt, le 1er juillet, Socadel avait déjà confié à General Bank of Cameroon un mandat pour lever 60 milliards de FCFA afin de financer ses premiers investissements prioritaires. Il s’agissait de l’une des premières opérations bancaires d’envergure engagées dans le cadre du redressement du nouvel opérateur public.











