La Banque de développement des États de l'Afrique centrale (BDEAC) prépare la mise en place d'un fonds commun de titrisation de créances (FCTC) de 150 milliards F CFA. Le projet figure parmi les opérations approuvées en 2025 par le conseil d'administration de la Banque, qui a également validé la création d'une filiale dédiée à la gestion d'un second FCTC, celui-ci d'un montant de 300 milliards de F CFA. Ces deux décisions concrétisent une résolution adoptée plus tôt par les actionnaires. Lors de leur assemblée générale ordinaire, ceux-ci avaient acté le « lancement du programme de titrisation des créances de la BDEAC, prévu pour la période restante du Plan stratégique Azobé » (2023-2027). L'articulation entre les deux montants annoncés reste toutefois floue, tout comme le calendrier de mise en œuvre. Sollicitée par EcoMatin pour préciser le montage envisagé, la BDEAC n'a pas souhaité commenter.
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Une technique encore peu répandue en Afrique centrale
La titrisation consiste à sortir un ensemble de créances du bilan d'un établissement pour les loger dans un véhicule spécialisé, qui en finance l'acquisition en émettant des titres auprès d'investisseurs. Les remboursements effectués par les emprunteurs sur les prêts ainsi transférés servent ensuite à rémunérer et à rembourser les détenteurs de ces titres. Pour la BDEAC, l'opération permettra de libérer immédiatement des ressources immobilisées dans des prêts accordés sur plusieurs années, afin de les réaffecter au financement de nouveaux projets. À fin 2025, la banque régionale de développement détenait environ 723,5 milliards FCFA de prêts bruts dans son portefeuille. Les 150 milliards annoncés pour le premier fonds représenteraient ainsi près de 21 % de cet encours.
Ce projet de titrisation intervient à un moment charnière pour l'institution. En 2025, la BDEAC a mis en œuvre un plan d'urgence pour la restauration de sa liquidité, dans le cadre duquel la BEAC a accepté le dégel progressif de 120 milliards F CFA placés en compte courant d'associé. Dans le même temps, les nouveaux engagements de la Banque ont chuté à 34,02 milliards de F CFA, contre 191,4 milliards un an plus tôt; très loin des 250 milliards initialement programmés.
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Le portefeuille de prêts reflète cette prudence retrouvée : à fin 2025, il se décomposait, selon la norme IFRS 9, en 308,3 milliards de F CFA d'encours classés en Stage 1, 360,2 milliards en Stage 2 et 55,1 milliards en Stage 3. Un classement en Stage 2 traduit une augmentation significative du risque de crédit depuis l'octroi du prêt, sans que la créance soit pour autant en défaut ; le Stage 3, lui, correspond aux actifs dépréciés.












