Le Basel Institute on Governance, un centre indépendant de recherche basé en Suisse, a publié l’édition 2025 de son Basel AML Index, l’un des indicateurs internationaux les plus utilisés pour mesurer l’exposition des pays au risque de blanchiment de capitaux et de financement du terrorisme (LBC/FT). Cet indice attribue chaque année à 177 juridictions un score de risque allant de 0 (risque faible) à 10 (risque élevé), sur la base d’une méthodologie composite reposant sur 17 sources publiques (évaluations du GAFI, indicateurs de gouvernance, transparence financière, risques politiques, normes comptables, etc.).
Comme les années précédentes, les six pays de la CEMAC apparaissent tous en zone rouge, signe que la région demeure exposée à un risque élevé de criminalité financière. Toutefois, cinq d’entre eux améliorent légèrement leur score, traduisant des progrès graduels dans le renforcement des dispositifs LBC/FT.
Le Cameroun conserve la meilleure performance régionale, voyant son score passer de 6,67 à 6,41 en 2025. Il se situe ainsi entre la 26e et la 30e place mondiale, un rang élevé mais meilleur que celui de ses voisins immédiats. Le Congo a également progressé en gagnant 0,1 point, pour s’établir à un score de 7,28. Il se positionne ainsi au 11e rang mondial. Le Gabon figure parmi ceux qui ont le plus progressé en score, gagnant 0,2 point pour atteindre 7,46, et se classant7e au niveau mondial.
La République Centrafricaine (RCA), ajoutée au classement en 2024, montre une légère amélioration en se voyant attribuer un score de 7,44/10 (contre 7,49 l'année précédente). La Guinée Équatoriale, ajoutée pour la première fois cette année, affiche un score de 7,55 et se positionne au 5e rang mondial, soulignant un risque élevé dès son intégration à l'analyse. Le Tchad demeure le pays de la CEMAC confronté au risque le plus élevé. Avec un score de 7,56, le pays de Toumaï conserve son classement élevé (4e rang mondial) mais voit son score s’améliorer de 0,4 point par rapport à 2024. A l'échelle africaine, le Tchad occupe le 2e rang sur un classement de 43. La Guinée Equatoriale (3e), la RCA (4e), le Gabon (4e), tandis que le Cameroun est 11e.
Lire aussi : Afrique : quatre pays sortent de la liste grise du GAFI, le Cameroun reste sous surveillance
Selon le rapport mentionné plus haut, les données couvrent cinq domaines pertinents pour l'évaluation des risques de blanchiment d'argent au niveau d'un pays ou d'une juridiction : le cadre de lutte contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et de la prolifération ; la corruption et la fraude ; la transparence financière et les normes ; la transparence et la responsabilité publique ; ainsi que les risques juridiques et politiques.
Bien que l'indice n’explique pas pays par pays les raisons précises de ces améliorations, le Basel Institute observe que 70 % des États africains ont amélioré leur score, en particulier grâce . « L’ Afrique se distingue particulièrement par des améliorations significatives, notamment dans le renforcement de la qualité des cadres LBC/FT/PTF, une légère baisse des scores de corruption et une augmentation de la transparence financière », apprend-on.
Lire aussi : Lutte contre le blanchiment : les suggestions du FMI au Cameroun pour sortir de la "liste grise" du GAFI

