Le Cameroun vient d’engager la procédure de résiliation de deux marchés d’infrastructures d’un montant cumulé de 6,7 milliards FCFA attribués au groupe de BTP Armada. Cette décision, rendue publique à l’issue de la première séance d’évaluation des projets du ministère des Travaux publics (Mintp) tenue le 2 septembre 2025, fait suite aux retards et insuffisances relevés dans l’exécution des chantiers.
Le premier marché, d’une valeur de 4,5 milliards FCFA, porte sur la reconstruction du pont de Palar et de ses accès sur le Mayo Kalliao, financé par le Budget d’investissement public (BIP). Confié en 2021 au groupement Armada Cam Sarl et Armada, après l’effondrement de l’ouvrage en août 2020 sous l’effet de fortes pluies, le chantier devait durer 16 mois. Mais au 25 août 2025, son taux d’avancement n’était que de 7,08 %, alors que le délai consommé atteignait déjà 342,89 %, selon le Mintp. Et ce, malgré une avance de démarrage de 1 milliard FCFA et plusieurs prorogations de délais (mars 2024). Le ministre justifie cette décision comme « une réponse au préjudice accru des populations privées d’une infrastructure cruciale pour leurs échanges ».
Le second contrat, d’un montant de 2,3 milliards FCFA, concerne la construction du pont sur le Mayo-Pintchoumba et de ses voies d’accès. Lancé en 2020, ce projet affichait en août 2025 un taux d’avancement de 45,24 %, pour une consommation des délais de 146 %. Face à cette situation, le ministère a ordonné la résiliation du marché et annoncé que « certaines prestations seront désormais exécutées en régie afin d’assurer la continuité du chantier ».

