Les résultats de la récente Analyse cadre Harmonisé d’identification des zones à risque, présentés le 12 décembre 2025 par le ministre de l’Agriculture et du développement rural (Minader), Gabriel Mbairobe révèlent une aggravation de la situation de l'insécurité alimentaire au Cameroun. « 11% de personnes sont en insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë (soit 3,120,294 personnes parmi lesquelles 249 306 personnes en urgence (1% de la population) et 2,870,988 personnes en crise. 6,194,078 personnes se trouvent en phase 2 c'est-à-dire sous pression, soit 21 % % de la population analysée », a clarifié le membre du gouvernement.
Dans le détail, sur la base de ces données officielles, l’on constate que le nombre de personnes exposées à insécurité alimentaire a augmenté de 40 169 par rapport à la même période en 2024 où 3 080 145 personnes étaient touchées. Pour ce qui est du nombre de personnes en crise, l’on est passé de 2 814 832 personnes entre octobre-décembre 2024 à une hausse de 56 156 nouvelles personnes un an après. Ce qui fait dire à l’Enquête nationale de suivi de la sécurité alimentaire et nutritionnelle (ENSAN 2025) que 61,22% de la population a une consommation alimentaire acceptable et 10,86% ont une consommation alimentaire pauvre.
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Gabriel Mbairobe tente de justifier cette conjoncture par une campagne agropastorale 2025/2026 marquée par «une forte hétérogénéité climatique» selon les régions. A titre d’illustration, « l’année 2025 a offert des conditions très favorables aux systèmes agricoles dans la partie méridionale du Cameroun mais a confirmé la forte vulnérabilité agro-climatique des zones septentrionales, où la contrainte combinée sécheresse–chaleur limite encore la productivité des cultures pluviales avec des déficits hydriques persistant, des retards de la saison des pluies et des pics irréguliers en août–septembre 2025 ».
Pour inverser la tendance, le Minader annonce notamment, la poursuite de la transition agroécologique, par la mise en œuvre des pratiques agricoles innovantes, afin d’accompagner l'agriculture dans son adaptation au changement climatique. Utiliser des semences améliorées et résilientes, favoriser le développement d'industries agroalimentaires, de soutenir la recherche/développement, et l'enseignement agricole.
Par ailleurs, le gouvernement doit mobiliser des ressources pour apporter des réponses adéquates dans les zones à risques et aux populations en insécurité alimentaire et nutritionnelle. Yaoundé compte principalement constituer des stocks alimentaires d’appoint pour les populations des 10 départements en situation d’insécurité alimentaire aiguë ; environ 3 millions de personnes, apporter une assistance alimentaire à environ 249 000 personnes en phase d’urgence, etc.
Pour rappel, dans un rapport publié en juillet dernier, la Banque mondiale indiquait que 700 000 nouveaux Camerounais avaient basculé sous le seuil de pauvreté de 2,15 $/jour, craignant que la situation ne se dégrade en raison de nombreux risques parmi lesquelles, d’éventuelles tensions liées à l’élection présidentielle du 12 octobre.
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