Au Cameroun, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural (Minader), Gabriel Mbairobé, a officiellement lancé le 25 mars 2025 à Garoua, dans le Nord, la troisième phase du Projet d’appui au développement rural (Pader). Financée à hauteur de 10 millions d’euros, soit 6,5 milliards de FCFA, par la République fédérale d’Allemagne, cette phase, qui s’étend sur la période 2025-2027, vise à renforcer le secteur agricole dans les régions du Nord et de l’Extrême-Nord.
Moderniser l’agriculture locale
Selon Gabriel Mbairobé, cette phase s’appuie sur les acquis du Programme d’Accompagnement des Mutations du Bassin Cotonier du Cameroun – Pader (ABC-Pader), lancé en 2020. L’objectif est d’ancrer durablement les systèmes de production en renforçant la gestion des sols, de l’eau et des semences, tout en soutenant l’agriculture mécanisée et en améliorant l’offre de services aux producteurs grâce à la numérisation.
Le secteur agricole dans le septentrion camerounais fait en effet face à de nombreux défis, notamment les aléas climatiques (sécheresses, inondations), l’insécurité liée aux attaques de Boko Haram, ainsi que des difficultés d’accès aux intrants, aux financements et aux marchés. Pour y remédier, cette phase du Pader devrait mettre l’accent sur la sécurisation foncière, le renforcement des compétences des producteurs, l’amélioration des services agricoles et la vulgarisation de formations certifiées dans les centres spécialisés.
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Le programme prévoit l’extension des surfaces irriguées avec 10 000 hectares supplémentaires, la promotion de l’agriculture intelligente avec des variétés résistantes et des techniques agroécologiques, ainsi que la sécurisation des zones agricoles grâce à la mise en place de brigades mixtes. Il intègre également des outils numériques, notamment des applications météo et des plateformes de commercialisation, et soutient les chaînes de valeur locales comme la riziculture et l’élevage. L’impact attendu inclut une augmentation des rendements de 30 à 50%, une réduction des pertes post-récoltes et la création d’emplois.
A noter que depuis son lancement, le Pader a permis d’améliorer les infrastructures rurales dans la zone septentrionale, notamment par la réhabilitation de 500 km de routes et l’accès à l’eau potable pour 200 000 personnes. Il a également renforcé la sécurité alimentaire grâce à l’aménagement de 5 000 hectares de terres irriguées et la distribution d’intrants agricoles. Par ailleurs, la lutte contre la désertification a été intensifiée avec la plantation d’un million d’arbres.

