Ce 7 février 2025, la direction générale de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) a tenu une réunion de concertation avec les délégués de personnels et présidents de syndicats afin de trouver des solutions aux tensions internes qui ont occasionné l’arrêt total des activités de son usine de Nkoteng dans la région du Centre. Plusieurs résolutions ont été prises notamment la revalorisation de la prime mensuelle de salissure de 600 Fcfa à 750 Fcfa pour les manœuvres et de 3 000 Fcfa à 3 500 Fcfa pour les agents d’exécution saisonniers ainsi qu’un relèvement de 1 000 Fcfa (1,5 €) sur la rémunération des manœuvres coupeurs. Ainsi, le salaire de base de cette catégorie de travailleurs est passé de 56 000 Fcfa à 57 000 Fcfa.
Ces avancements, listés dans la note d’information publiée par l’entreprise contrôlée à 75% par le groupe Somdiaa, sonne comme un début de solution à une grève du personnel qui a duré près de deux semaines. Initiée le 26 janvier dernier, la grève, plutôt violente a paralysé les activités du groupe et occasionné des pertes estimées à près de 3 milliards de Fcfa par des agents sur place. Les plantations de Nkoteng et Mbandjock ont été bloquées le 31 janvier afin de protéger les champs d’une contestation radicale après que 150 hectares de champs de cannes à sucre ont été ravagés et incendiés par des travailleurs en colère, revendiquant la régularité dans les délais de paiements mais également des avancements du fait de leur ancienneté.
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La destruction des plantations l’entreprise sucrière nationale risquerait d’impacter fortement sa production annuelle et par conséquent la production nationale, quand on sait que le pays peine à satisfaire la demande nationale estimée à plus de 300 000 tonnes. L’instabilité de la production de la Sosucam, qui varie de 100 000 à 130 000 tonnes en fonction des saisons, participe déjà à alourdir la facture des importations de cette denrée. Celle-ci s’est élevée à 42,8 milliards de Fcfa au 1er semestre 2024 pour 105 400 tonnes de sucre achetées, en hausse de 75% en glissement annuel. Conséquence, lesdites émeutes contribueraient non seulement à enregistrer des pertes financières pour la société mais également creuser le déficit commercial pour le pays.
Pour ramener le calme, Sosucam a décidé de retourner à son système de paie classique, soit le versement du salaire chaque 5 du mois M+1 et celui de l’acompte (origine de la grève) chaque 20 du mois M à compter de ce mois de février. Des recommandations strictes sur le respect de ces délais, l’amélioration des conditions d’accueil des travailleurs ainsi que l’installation des guichets de paiement ont également été mentionnées dans le communiqué. Ainsi, l’entreprise s’engage à prendre « toutes les mesures nécessaires pour protéger ses employés et rétablir une situation stable » afin d’assurer une reprise sereine des activités le 8 février prochain.

