Face à une crise profonde et durable, le Cameroun mise sur le groupe panafricain Arise IIP pour relancer la Cotonnière Industrielle du Cameroun (CICAM), fleuron du textile industriel dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). La décision de s'orienter vers ce partenaire privé a été officialisée lors d'une réunion du groupe de travail, présidée le 7 mai dernier par le ministre des Mines, de l'Industrie et du Développement technologique (MINMIDT), Fuh Calistus Gentry.
Pourtant, selon des sources proches du dossier, les discussions entre Arise IIP et les autorités camerounaises ont débuté dès décembre 2024. Le géant panafricain, actif dans plusieurs pays africains, ambitionne d’acquérir environ 85 % des parts de la CICAM, pour un montant estimé entre 150 et 200 milliards de FCFA. L’État hésite cependant sur le pourcentage à céder : Yaoundé entend conserver au moins 30 % pour garder un droit de veto sur les grandes orientations. Les deux parties se sont donnés trois mois pour sceller l’accord.
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Cette tentative de sauvetage survient alors que la CICAM traverse une grave crise financière. Selon les données fournies par la Commission technique de réhabilitation (CTR), fin 2022, les capitaux propres de l’entreprise étaient déficitaires à hauteur de 16,3 milliards de FCFA, avec un résultat net négatif de 3,2 milliards. À cela s’ajoute une dette colossale, supérieure à 31 milliards de FCFA.
Dans ces conditions, la société a même dû recourir à l’importation de tissus locaux pour répondre aux besoins internes faute d’équipements suffisamment modernes ou fonctionnels. La vétusté des installations compromet sérieusement sa compétitivité, rendant indispensable une modernisation rapide pour éviter la disparition pure et simple du dernier grand groupe textile public dans la sous-région.
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