Cameroon Telecommunications (CAMTEL) a franchi une étape importante dans le financement de son programme d’extension du réseau mobile, avec la signature, le 21 janvier 2026 à Yaoundé, d’une convention de financement syndiqué de 44,884 milliards FCFA avec Commercial Bank-Cameroun (CBC). Présentée par l’opérateur historique de télécoms comme un signal fort de confiance du secteur bancaire, l’opération s’inscrit dans le cadre de la première phase du projet "Mobile Network Expansion" (MNE), destiné à densifier et désaturer les réseaux 2G, 3G et 4G sur l’ensemble du territoire.
Selon un communiqué de Camtel, cette opération traduit la solidité de son modèle économique et l’adhésion du secteur financier à sa stratégie de transformation numérique. « Ce financement renforce notre capacité à déployer plus vite, plus loin et plus efficacement », a déclaré la directrice générale de l’entreprise, Judith Yah Sunday sur LinkedIn.
Appui de la BEAC
Le financement annoncé repose sur un pool bancaire local conduit par CBC, qui cumule les rôles de chef de file, arrangeur principal et agent des sûretés, aux côtés de Afriland First Bank, Union Bank of Cameroon (UBC) et National Financial Credit (NFC). L’enveloppe globale du programme d’investissement est évaluée à 52,2 milliards FCFA.
Pour accompagner cette opération, la CBC a sollicité l’intervention de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) à travers son guichet B, désormais dénommé guichet spécial de refinancement, dédié aux crédits à moyen terme finançant l’investissement productif. Lors de sa session du 29 septembre 2025, le Comité de politique monétaire (CPM) de la banque centrale a donné un avis favorable de principe à un refinancement de 31,3 milliards FCFA, correspondant à 60 % du coût du projet, sur une maturité de sept ans, à un taux indexé sur le TIAO alors fixé à 4,5%.
Verrous
Mais cet aval de la BEAC reste strictement conditionnel et ne vaut pas décaissement. L’institut d’émission a posé une série de préalables qui rehaussent significativement le seuil d’exécution effective du projet. Premier verrou : la BEAC exige de Camtel un effort d’autofinancement de 20,9 milliards FCFA, contre 11,2 milliards initialement envisagés. Autrement dit, l’opérateur devra quasiment doubler sa contribution propre avant tout déblocage des ressources refinancées.
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Deuxième contrainte majeure : Camtel doit formaliser un engagement écrit garantissant l’affectation exclusive des fonds au déploiement des infrastructures 2G, 3G et 4G. Toute possibilité de redéploiement vers d’autres usages est explicitement exclue. Mais au-delà des conditions financières, la BEAC a assorti son accord de recommandations structurelles touchant à la performance économique et à la gouvernance de Camtel. L’entreprise est appelée à dégager un résultat d’exploitation d’au moins 15%, à relever ses ratios de rentabilité à un seuil minimal de 10% et à renforcer ses capitaux propres afin de maintenir un ratio d’indépendance financière supérieur à 50% des ressources stables, a appris EcoMatin.
Ces exigences, destinées à préserver la soutenabilité du financement, n’en constituent pas moins un défi majeur pour un opérateur public confronté à une concurrence accrue. Dans ce contexte, Camtel peut toutefois s’appuyer sur la montée en puissance de la fibre optique, qui a généré 33,7 milliards de FCFA de revenus en 2024, contre 28,7 milliards un an plus tôt, soit une progression de 17,15%.

