Fin de l’aventure subsaharienne pour Outman Roqdi. Le Marocain de 56 ans regagne la mère patrie et le siège du groupe Banque centrale Populaire (BCP), après 11 années de présence dans trois filiales, dont les quatre dernières comme dirigeant de la Banque internationale du Cameroun pour l’épargne et le crédit (Bicec). Il s’était auparavant fait la main à la tête de Banque Atlantique Sénégal et en tant que numéro deux de Banque Atlantique Côte d’Ivoire (BACI).
Un retour au pays natal qui sanctionne des états de service édifiants pour ce chauve moustachu, au physique rondouillard, dont le visage sérieux, surmonté de verres rectangulaires, incarne la rigueur qu’il a imprimée à la Bicec. La transformation digitale de la banque, à travers la montée en version du Core Banking System (CBS), garantissant désormais une plateforme technologique plus robuste et évolutive, n’est pas la moindre des victoires remportées. Bien que cette dernière soit encore en phase de déploiement, les jalons de la banque plus agile et parfaitement alignée sur les attentes de connectivité de plus de 380 000 clients, sont déjà posés.
Pour enrayer des années de déficit, le banquier marocain a dû serrer la vis afin de contenir la vague importante de créances en souffrance. Cela s’est traduit par une stratégie de fond axée sur l'assainissement et le recouvrement, combinée au renforcement des dispositifs de contrôle des risques ayant permis de cantonner le taux de sinistralité en deçà de 3 %. Le total bilan a réculé de 7,6% entre 2021 et 2024, passant de 771,8 milliards de F Cfa à 712,5 milliards de F Cfa, en partie dû à une régression sur la même période des dépôts, qui baissent de 642,2 milliards de F Cfa à 536,6 milliards de F Cfa (-16,4%).
Fonds propres solides
Bien prudente, la politique d’octroi des crédits a connu une embellie significative de +56% sur cette séquence. Ils évoluent de 292,6 milliards de F Cfa à 456,4 milliards de F Cfa. Un indice, auquel s’ajoute un recouvrement efficace, de la remarquable rentabilité qu’a connu la Bicec durant le passage d’Outman Roqdi. Puisque le bénéfice a bondi de 615% sur cette période, passant de 2 milliards de F Cfa à 14,3 milliards de F Cfa. Cette performance a en grande partie contribué de renforcer systématiquement les fonds propres.
De quoi également satisfaire les actionnaires, dont le groupe où ce diplômé d’une école de commerce a fait l’essentiel de 32 années de parcours professionnel. Puisqu’avant son séjour subsaharien, la carrière marocaine du banquier a eu pour principales étapes l’audit interne, la direction des centres d’affaires et de succursales, puis celle du marché de l’entreprise et de l’international, avec pour point d’orgue une entrée dans le directoire de la Banque populaire de Tanger-Tétouan. Une histoire appelée à connaitre d’autres sommets…

