La reprise des opérations pétrolières sur le bloc de Zina-Makary sur lequel la société Yan Chang Logone Development Holding Company Limited avait réalisé quatre forages d’exploration avant d’abandonner le projet du fait de l’insécurité, ne sera très certainement pas pour 2025. Après une pause de 10 ans imposée par les attaques de Boko Haram dont la puissance de feu, en 2014, rendait impossible la mise en œuvre de projets dans la région de l’Extrême-Nord, surtout dans les localités frontalières avec le Nigeria et le Tchad, les Chinois espéraient en effet relancer la recherche d’hydrocarbures si ce n’est de passer à l’exploitation dans le champ pétrolifère susmentionné cette année, encouragés parce qui apparaissait déjà depuis quelque temps comme un essoufflement de Boko Haram marqué par une rareté des attaques dans l’ensemble de la région. L’information émane d’une source proche du dossier qui a confié, en marge des activités de la 19e réunion ordinaire du conseil exécutif et la 46e session ordinaire du conseil des ministres de l’Organisation des producteurs de pétrole africains (APPO), que le Cameroun a accueillis fin décembre dernier.
Avant, le comité d’opérations qui comprend l’Etat du Cameroun et la société exploitante devait se réunir pour évaluer la situation et prendre, éventuellement, la décision de la reprise des opérations au premier trimestre 2025 en cours. Mais, cette perspective s’éloigne avec ce qui apparaît comme un regain opérationnel de la secte terroriste marqué par des attaques à répétition non seulement dans la région de l’Extrême-Nord, mais aussi dans les localités voisines du Nigeria et du Tchad. Il faut noter que le champ pétrolifère de Zina-Makary qui a vocation à inaugurer l’exploitation du pétrole onshore au Cameroun est situé près de la frontière tchado-camerounaise, non loin de la ville de Kousséri, dans le Logone Birni. Des opérations pétrolières dans cette zone paraissent irréalistes à court, voire à moyen terme, au regard de la situation sécuritaire qui y règne. Cette localité, en particulier, vit au rythme d’attaques meurtrières, des enlèvements, etc., même si les autorités sécuritaires tentent de calmer le jeu en soutenant que la situation est sous contrôle.
Cas de force majeure
Pour mémoire, en dehors des gisements cartographiés grâce à des études de faisabilité réalisées il y a environ 6 ans par le britannique Benchmark Geophysical Consulting Limited sur la partie terrestre du bassin Douala-Kribi-Campo, pour lesquels le gouvernement peine à trouver un partenaire stratégique pour leur exploitation, le bloc de Zina-Makary est le seul champ onshore (sur terre) qui dispose d’un potentiel pétrolier exploitable au Cameroun. Les quelques 40 millions de tonnes que le pays produit actuellement proviennent exclusivement de l’exploitation offshore.
En 2009, l’Etat du Cameroun, à travers la Société nationale des hydrocarbures (Snh), avait signé avec Yan Chang Logone Development Holding Company Limited, un contrat de partage de production pour des recherches sur un rayon couvrant 8506 kilomètres. La société chinoise avait découvert une série de réservoirs sableux imprégnés d’hydrocarbures liquides sur une hauteur d’environ 18 mètres, en réalisant quatre forages d’exploration. « Un forage ça coûte très cher ; c’est des milliards de Fcfa. Malheureusement, un cas de force majeure a stoppé le projet. Mais, les investisseurs chinois ne sont pas découragés. Ils comptent reprendre leurs opérations dès que la situation sera stabilisée », souffle une source proche du dossier.

