Depuis le 27 octobre 2026, une délégation d’opérateurs économiques tunisiens participe au Forum économique tuniso-camerounais consacré au bâtiment, aux travaux publics, aux matériaux de construction et aux infrastructures. Organisée par le Centre de promotion des exportations de Tunisie (CEPEX), à travers la représentation commerciale tunisienne au Cameroun, et placée sous l’égide de l’ambassade de Tunisie à Yaoundé, cette mission s’achève ce 29 octobre à Douala.
« Le choix du secteur des bâtiments et des travaux publics pour cette rencontre revêtait une importance particulière, étant donné qu’il joue un rôle déterminant dans le développement économique, l’aménagement des territoires, la modernisation des villes, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations. […] on vous présente aujourd’hui une Tunisie disposant d’une expérience reconnue dans plusieurs domaines liés aux bâtiments et aux travaux publics, qui s’engage à proposer des perspectives de coopération intéressantes aux entreprises locales pour la réalisation de projets structurants et le développement des infrastructures », a déclaré Fakhri Amamri, chargé d’affaires de l’ambassade de Tunisie à Yaoundé, dans son discours inaugural.
Lire aussi : Le Gabon et la Tunisie créent une plateforme de coopération commerciale
Le programme de cette mission s’articule autour de trois journées. Le 27 octobre, à Yaoundé, la cérémonie officielle d’ouverture, organisée à l’hôtel Djeuga Palace, a été suivie de rencontres d’affaires bilatérales (B2B) entre les entreprises tunisiennes et les opérateurs camerounais. La délégation a ensuite rejoint Douala pour une deuxième journée de rendez-vous professionnels, le 28 octobre, à l’hôtel Onomo. La dernière journée, ce 29 octobre, est consacrée à la découverte du marché local, avec des visites d’entreprises, dont celle du Port autonome de Douala.
Pour Fakhri Amamri, cette démarche doit permettre aux entreprises tunisiennes de mieux cerner les besoins du marché, d’identifier des partenaires et d’évaluer les conditions d’accès aux débouchés camerounais. Elle donne également aux opérateurs locaux l’occasion de découvrir de nouvelles solutions techniques et des matériaux susceptibles d’être intégrés à leurs projets. Un avis partagé côté camerounais : « Le forum constitue une occasion pour les entreprises camerounaises de découvrir de nouvelles expériences et pour les entreprises tunisiennes de présenter des produits innovants susceptibles d’enrichir l’offre disponible sur le marché local », souligne Jean Christophe Ndongo, président de l’Ordre national des architectes du Cameroun.
Du côté des autorités camerounaises, cette rencontre doit aider les entreprises à mieux se positionner sur un marché du BTP très demandeur, dans un contexte de besoins importants en infrastructures et en équipements, liés aux projets de construction et d’aménagement urbain. « Le secteur du BTP est celui qui porte la commande publique qui pèse le plus dans la commande publique camerounaise », indique Christophe Paldou, directeur général des marchés et des infrastructures au ministère des Marchés publics.
Un panel diversifié
Parmi les participants figure Alpha by STIEL, entreprise adossée au groupe tunisien STIEL, fabricant d’appareillages et d’accessoires électriques destinés notamment aux usages domestiques et résidentiels. Présente sur le marché depuis 1967 et dotée d’un capital de 3,7 millions de dinars tunisiens (environ 1,2 million de dollars US), la société couvre les marchés européens, maghrébins et ouest-africains. Elle souhaite désormais s’appuyer sur le Cameroun pour accéder aux marchés d’Afrique centrale. « Le Cameroun serait la porte d’entrée pour le marché de l’Afrique centrale », explique Hatem Ben Yahmed, directeur commercial export de STIEL.
Lire aussi : Des opérateurs économiques tunisiens veulent investir au Cameroun
Les autres participants sont entre autres la Société générale d’électricité (Sogelec) de Tunisie ; Composite Building Innovation (CBI) Tunisie, qui se présente comme le leader du marché tunisien des barres d’armature en fibre de verre ; et la société de filtration industrielle F4T.
Renforcer la coopération économique
Pour les organisateurs, l’enjeu dépasse la seule prospection commerciale : il porte sur le développement des échanges bilatéraux, la facilitation des contacts entre opérateurs économiques et la construction de partenariats durables, y compris des possibilités d’investissement et d’implantation au Cameroun. « Notre ambition est claire, passer des opportunités aux partenariats, des échanges aux réalisations et des interventions aux résultats concrets », martèle Zitouni Adel, chef de la représentation économique tunisienne au Cameroun, qui présente le Cameroun comme le troisième partenaire commercial de la Tunisie en Afrique subsaharienne, après la Côte d’Ivoire et le Sénégal. Il mise notamment sur les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), qui vise à faciliter les échanges entre les économies du continent.
Lire aussi : Zlecaf : la Tunisie expédie vers le Cameroun ses premières cargaisons de résines au tarif préférentiel
Pour rappel, le Cameroun fait face à d’importants besoins en infrastructures, notamment dans les transports, l’énergie et l’approvisionnement en eau. Fin 2023, seuls 8,4 % environ du réseau routier étaient bitumés, selon le FMI. À cela s’ajoute un déficit estimé à 2,5 millions de logements en 2024, sur fond de croissance urbaine et d’insuffisance de l’offre immobilière. Autant de débouchés potentiels pour ces entreprises tunisiennes spécialisées dans la construction, les matériaux et les équipements du bâtiment.
Lire aussi : Forum économique Gabon-Chine : Libreville mobilise des financements à hauteur de 2 555,4 milliards de Fcfa














