63,55% ! C’est le taux d’exécution physique du Budget d’investissement public (BIP) du Cameroun au 31 décembre 2023, d’après les données publiées par le Comité national de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public, le 16 mai 2024. Durant cet exercice budgétaire, le BIP se chiffrait à 1 359,3 milliards de Fcfa. Une enveloppe revue à la baisse après la modification de la loi de finance au mois de juin 2023. Avant cela, le BIP était envisagé en autorisation d’engagement à 1 386,8 milliards à Fcfa. Par rapport à 2022, où cet indicateur économique se chiffrait à 74,56%, le pays enregistre une baisse de 11,01 points.
Autre donnée révélée par le Comité de suivi du BIP, le taux d’engagement financier qui s’est chiffré cette année à 1025,11 milliards de Fcfa, soit 72,26 % en valeur relative contre 92,07% à la même période de l’exercice 2022, soit une baisse de 19,91 points. S’agissant du taux de liquidation, il est de 993,63 milliards de Fcfa soit 70,04% en valeur relative contre 89,59% un an plus tôt, soit une perte de 19,55 points et taux d’ordonnancement de 69,92% en valeur relative contre 89,22% à la même période en 2022, soit une diminution de 19,30 points.
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S’agissant de l’exécution-financière du BIP sur les crédits délégués aux services déconcentrés de l’Etat et transférés aux Collectivités territoriales décentralisées, le document informe que le taux d’engagement est de 96,78 % contre 75,08 % à la même période de l’exercice 2022, soit un gain de 21,7 points ; un taux de liquidation de 75,86 % contre 49,97 % au terme du quatrième trimestre de l’exercice 2022, soit une hausse de 25,89 points ; un taux physique de 82,54 % contre 73,53 % au 31 décembre 2022, soit une augmentation de 9,01 points.
Des résultats dans l’ensemble jugés « peu satisfaisants » par l’honorable Rosette Ayayi, présidente du Comité National de suivi de l’exécution physico-financière de l’investissement public, que citent les services du ministère de l’Economie. Plusieurs raisons pourraient alors justifier cette baissière. Premièrement les contraintes liées à la contractualisation des projets dont la passation de certains marchés pluriannuels sur les crédits de paiement (CP), en lieu et place des autorisations d’engagement (AE) conformément aux dispositions règlementaires applicables, de la signature de certains avenants avec une incidence financière au-delà du plafond prévu par les dispositions du Code des Marchés Publics ; du non-respect des plans de passation des marchés entre autres.
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Ensuite on a aussi l’inflation qui a conduit au renchérissement des coûts des matériaux locaux et importés. Puis la crise sécuritaire qui sévit dans certaines régions du pays (Nord-Ouest et Sud-Ouest) et enfin les lenteurs dans l’exécution physique de certains projets à financement conjoint, l’abandon de certains chantiers et la faible appropriation des procédures d’exécution des FCP et subventions/transferts d’investissement. Des facteurs qui pourraient si rien n’est fait pourraient entraver l’exécution du BIP en cours. Indiquons que pour l’exercice 2024, le BIP du Cameroun est projeté à 1 652 milliards de FCFA , représentant 31,6% de l’enveloppe budgétaire globale du pays.

