La Banque africaine de développement (BAD) a manifesté son intention de contribuer au financement de la première phase du projet de construction de la voie de contournement de Yaoundé estimée à 795 milliards FCFA. Ce projet porte sur le tronçon T3, un linéaire de 22,8 km qui reliera la Route Nationale 1 à Nkozoa à l’autoroute Yaoundé-Douala. Cette volonté a été exprimée lors d'une récente audience entre Célestine Ketcha Courtes, la ministre de l'Habitat et du développement urbain (Minhdu) et Léandre Bassolé, Directeur général de la BAD pour l'Afrique Centrale. « Concernant la voie de contournement, la BAD envisage 90 millions d’euros (environ 59 milliards FCFA) pour la section T3, couvrant le Plan d’action de réinstallation (PAR), les indemnisations, l’Unité de gestion et ouvrages d’art en attendant l’achèvement des études d’impact environnemental et social et PAR pour mobilisation. Une partie des travaux reste à financer, dans un contexte de partenariats multiples (BEI, UE, BDEAC) », indique le département ministériel.
Soulignons que c’est depuis 2018 que le projet de construction de la voie de contournement de Yaoundé a été annoncé. À ce jour, la Banque Africaine de Développement (BAD) s'impose comme le deuxième bailleur de fonds majeur à formuler une offre concrète, emboîtant le pas à l’Union européenne (UE) qui avait promis 33 milliards FCFA lors du Forum urbain mondial de Katowice en Pologne en juin 2022.
Le total des promesses de financement s'élève actuellement à 92 milliards FCFA, soit seulement 40,2 % de l’enveloppe prévisionnelle du tronçon T3, estimée à 229 milliards FCFA par le Document de programmation économique et budgétaire 2026-2028. Pour boucler le budget de cette infrastructure complexe — une double chaussée comprenant sept échangeurs — le gouvernement camerounais doit encore mobiliser 137 milliards FCFA. Si la tenue d'une nouvelle table ronde des investisseurs était envisagée dès 2024 pour rassurer les partenaires (BEI, BDEAC, etc.), aucune mise à jour n'a filtré sur ce sujet depuis lors.
Sous ce rapport, bien que le lancement des travaux soit officiellement programmé pour 2026 avec une durée d'exécution de trois ans, le démarrage effectif reste entouré d'incertitudes. D’abord, le processus de recrutement des entreprises n'a pas encore été lancé. Ensuite, en août 2025, une mission d'inspection des bailleurs (UE, BAD, BEI, etc.) a souligné la nécessité d'affiner les aspects techniques et de renforcer les études d'impact environnemental et social. Un point d'attention majeur concerne la forêt agro-fruitière de Nkong.
Ce site, riche en cacao et en biodiversité médicinale, doit abriter un échangeur. Pour l’UE, « la préservation de cet écosystème est au cœur des engagements environnementaux du projet ». Malgré ces défis, le président de la République a signé le 6 novembre 2025, un décret portant classement au domaine public artificiel des terrains nécessaires aux travaux de la section T3, ouvrant ainsi la voie juridique à l'occupation du site et à la gestion des indemnisations.

