Le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a validé le 24 juillet 2025 un nouveau décaissement global de 147 millions de dollars (environ 82 milliards FCFA) en faveur du Cameroun, scellant la fin d’un cycle de revues entamé depuis 2021 dans le cadre de trois programmes successifs : la Facilité élargie de crédit (FEC), le Mécanisme élargi de crédit (MEC) et la Facilité pour la résilience et la durabilité (FRD). Ces derniers visent à soutenir la stabilité macroéconomique du pays, tout en appuyant ses efforts d’adaptation au changement climatique.
Avec ce décaissement, le montant total mobilisé par le Cameroun auprès du FMI dans le cadre de ces programmes a atteint 570 milliards de FCFA. "Cet accomgement a été indispensable à l'approfondissement des réformes structurelles" a déclaré Louis Paul Motaze, le ministre camerounais des Finances. Dans un communiqué, le FMI indique que l’économie camerounaise a poursuivi sa croissance, tandis que l’inflation a reculé depuis les récents pics de 7,4% en 2023. De plus, les perspectives à moyen terme demeurent globalement positives, même si les risques sont orientés à la baisse. De plus, l'institution financière affirme que le Cameroun est parvenu à préserver la stabilité macroéconomique malgré les chocs intérieurs et extérieurs.
De nombreux défis à relever
Cependant, la première économie de la CEMAC doit encore relever de nombreux défis. « Il sera essentiel de poursuivre les efforts d’assainissement budgétaire menés dans le cadre du programme qui arrive à son terme, et ce afin de préserver la viabilité de la dette. Les mesures clés visent à accroître les recettes non pétrolières, à améliorer la gestion des investissements publics et à mieux maîtriser les arriérés intérieurs ». L’institution estime aussi que le Cameroun présente un risque élevé de surendettement et qu’il est important de poursuivre la restructuration de la Société nationale de raffinage (Sonara), victime d'un incendie en 2019. Yaoundé doit également mettre en œuvre des réformes dans le secteur de l’électricité et renforcer la gouvernance d’autres entreprises publiques afin de limiter les passifs éventuels, de renforcer le contrôle budgétaire et d’améliorer la qualité des services publics.
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Nigel Clarke, Directeur général adjoint et président par intérim du Conseil d’administration du FMI ajoute que le Cameroun doit « réduire les vulnérabilités structurelles ; il est nécessaire d’apurer les arriérés intérieurs, d’approfondir le marché financier intérieur et de mettre en œuvre des stratégies fondamentales axées sur le développement du secteur financier et l’inclusion financière, en étroite collaboration avec les institutions financières régionales ».
Introduit dans la « liste grise » du Groupe d’action financière (GAFI) depuis 2023, le Cameroun doit, de l’avis du FMI, accélérer les réformes en matière de gouvernance et renforcer les dispositifs de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme afin de promouvoir une croissance inclusive et durable tirée par le secteur privé et rétablir pleinement l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives. Ceci passera par la résolution des faiblesses persistantes de la gestion des finances publiques et l’amélioration de la transparence budgétaire.
Pour mémoire, les accords FEC et MEC ont été initialement signés en juillet 2021 pour un montant global de 689,5 millions de dollars. Ils ont été prolongés en décembre 2023, avec une enveloppe additionnelle de 147,6 millions de dollars. En parallèle, un programme FRD de 18 mois a été approuvé en janvier 2024 pour un montant de 181,7 millions de dollars.
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