Le Cameroun a perdu 4,06 milliards de Fcfa (environ 6,2 millions d’euros) du fait de la corruption en 2024, contre 114 milliards un an plus tôt, soit une baisse de 95,6 %, selon le rapport publié mercredi par la Commission nationale anticorruption (Conac). Il s’agit du plus faible préjudice financier enregistré depuis six ans. Les raisons de cette baisse n’ont pas été précisées.
Le président de la CONAC, Dieudonné Massi Gams a déploré une explosion du nombre de dénonciations d'actes de corruption en 2024. Celles-ci se sont établies à 10 520 cas contre 7 548 en 2023 soit une hausse de 39,37% en glissement annuel. Ces dénonciations, faut-il le souligner, ont été faites par des citoyens camerounais aussi bien par voie électronique que par courrier administratif, par WhatsApp. Le préjudice financier subi par l’Etat découle des enquêtes de la Conac, bras séculier de l’Etat en matière de lutte contre la corruption, des décisions du Tribunal criminel spécial (TCS) et du Conseil de discipline budgétaire et financière.
A titre d’illustration, 2 182 cas d’infractions ont été dénoncés par voie de courrier administratif. 29,33% portent des détournements présumés, 18,7% pour la corruption, etc. Par secteur d’activité, les Affaires foncières conservent le premier rang en termes de du nombre d’occurrences de dénonciation avec 24,65% du total. Il est suivi des Finances (19%) qui est déclassé de la Fonction publique comparé à l’année 2023. Le Top 5 se complète avec le secteur de l'éducation et les Marchés publics.
Les infractions les plus décriées sont entre autres : « le détournement des indemnisations des populations, le détournement des pensions retraites, la perception indue des salaires, la corruption en matière de concours administratif, la corruption dans le processus de passation des Marchés publics, la mauvaise gestion des fonds d’APEE », indique le rapport de la CONAC.
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Pour mémoire, la Commission nationale anti-corruption a été créée par un décret présidentiel du 11 mars 2006. Le texte organique permet notamment à cet organisme étatique, de procéder, « le cas échéant, au contrôle physique de l’exécution des projets, ainsi que qu’à l’évaluation des conditions de passation des marchés publics ». Il lui est également assigné pour mission d’identifier les causes de la corruption et de proposer aux autorités compétentes les mesures susceptibles « d’éliminer dans les tous les services publics ou parapublics », lit-on.

