Le prix de l’oignon connaît une hausse généralisée sur le marché camerounais. À Yaoundé comme dans les principaux bassins de production du Nord et de l’Extrême-Nord, les commerçants font état d’une progression sensible des prix, dans un contexte marqué par l’épuisement progressif des stocks et l’arrivée de la période des semis.
À Yaoundé, au marché de Mokolo, le sac de 100 kg se vend désormais entre 110 000 et 120 000 FCFA, contre 60 000 à 65 000 FCFA en juin-juillet, selon Martin, vendeur d’oignons. Soit une hausse de 84,6 % au niveau haut de la fourchette. Plus à l’Extreme-Nord, à Maroua, le sac de 100 à 120 kg se vend entre 75 000 et 80 000 FCFA, contre environ 40 000 FCFA début juillet, tandis que dans la région de l’Ouest, plus précisément à Bafoussam, le même sac s’échange à près de 90 000 FCFA, contre 25 000 à 30 000 FCFA début mai, soit jusqu’à 260 % de hausse.
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Rencontrée le 19 septembre dernier au marché de Mendong, dans le 6e arrondissement de Yaoundé, Marine, commerçante grossiste explique que cette flambée des prix est directement liée au calendrier agricole. « Les oignons sont devenus chers à ce point parce que nous sommes dans la période consacrée aux semis, nous aussi nous augmentons le prix des bulbes pour espérer survivre », explique Marine, commerçante.
Un cycle de production stricte
En effet, le calendrier de production contribue à expliquer cette évolution. Selon le document d’information sur la filière publiée en 2022 par le ministère de l’Agriculture et du Développement rural (MINADER), l’oignon est cultivé selon différentes périodes dans les principales zones productrices, notamment en contre-saison et pendant la saison des pluies. Après la récolte, les bulbes sont conservés et progressivement mis sur le marché.
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Ainsi, à mesure que les stocks issus de la précédente campagne diminuent, l’offre disponible se resserre. Parallèlement, les producteurs entrent dans une nouvelle phase de préparation des parcelles et de semis. Cette période de transition entre deux campagnes peut donc contribuer à accentuer la pression sur les prix lorsque les disponibilités commerciales deviennent plus limitées.
Septentrion, principal bassin de production
Les régions septentrionales constituent le cœur de la production nationale. Le Nord et l’Extrême-Nord représentent environ 85 % de la production camerounaise, selon les chiffres officiels. Les données de la Délégation régionale du MINADER indiquent que l’Extrême-Nord produisait 227 021 tonnes en 2025, contre 77 244,1 tonnes dans le Nord et 906,5 tonnes dans l’Adamaoua sur une production nationale de 338 634,66 tonnes.
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Cette concentration de la production dans le septentrion rend les marchés du Sud dépendants de l’acheminement des récoltes, de sorte que toute tension sur l’offre se répercute rapidement sur les prix, notamment à Yaoundé.
A noter que cette situation intervient alors que la filière tente de renforcer ses capacités de production et de conservation. En août 2025, l’Agence de régulation des marchés publics (ARMP) publiait un appel d’offres du Projet d’Appui au Développement des Filières Agricoles – Phase II (PADFA II) pour la construction de bâtiments de stockage de production et de semences d’oignons dans le Nord-Ouest. Le projet s’inscrit dans les efforts visant à réduire les pertes estimées à 138 000 tonnes par an du fait de la mauvaise qualité de la conservation des récoltes.
Ange Daïna Ngouégni (stagiaire)









