Breaking News
Chargement des breaking news...
App Logo
Magazine
    Bientôt disponible...
Je m'abonne
App Logo
MagazineJe m'abonne
Je m'abonne
Politiques PubliquesEecomembre

Cameroun : le service électrique au bord de l’effondrement

Alors que le français Globeleq, producteur indépendant qui gère les centrales à gaz de Kribi et à fuel de Douala maintient ses ouvrages hors service depuis 5 mois, privant ainsi le pays de 300 Mw de capacités, la production au niveau des barrages hydroélectriques de Memve’ele, Songloulou et Edea, en chute libre, provoque un effondrement de l’offre dans le réseau interconnecté Sud qui couvre 7 régions du Cameroun sur 10. Le gouvernement prépare les ménages et les entreprises à un étiage dantesque, sous l’effet des changements climatiques.

Publiée mercredi 15 janvier 2025 à 09:33:58Modifiée mercredi 15 janvier 2025 à 09:37:16Temps de lecture 5 minPar Jean Omer Eyango

Gaston Eloundou Essomba, ministre de l’Eau et de l’Energie
Gaston Eloundou Essomba, ministre camerounais de l’Eau et de l’Energie

Le ministre de l'Eau et de l'Energie (Minee), Gaston Eloundou Essomba, a effectué une sortie ce 14 janvier pour expliquer l’origine des perturbations qui rendent catastrophique le service électrique dans l’ensemble des 7 régions desservies par le Réseau interconnecté Sud (Ris), pratiquement depuis la seconde moitié du mois de décembre. Il fait savoir, via un communiqué, que cette situation est due à une combinaison de facteurs, notamment une baisse de production de l’ordre de 70 mégawatts (Mw) dans les centrales hydroélectriques de Songloulou et d'Edéa, ainsi que l'arrêt de production par le producteur indépendant Globeleq des centrales à gaz de Kribi et à fuel de Dibamba (Douala), qui prive le système de 300 Mw d’électricité depuis septembre 2024. Ce dernier réclame au distributeur Eneo environ 8 milliards de Fcfa d’impayés et conditionne le redémarrage de ses groupes au paiement de cette dette. Selon le Minee, la baisse de production dans les centrales hydroélectriques est causée par le faible remplissage des barrages réservoirs pendant la dernière saison des pluies de 2024.

Lire aussi : Cameroun : nouveau report de la mise en production complète du barrage de Nachtigal

En clair, le barrage de retenue d’eau de Lom-Pangar, à l’Est, qui a été construit en amont pour régulariser le débit du fleuve Sanaga sur lequel sont construits les centrales de Songloulou, Edea et Nachtigal depuis un moment, n’a pas atteint ses objectifs en termes de remplissage pendant toute la dernière période de crues. Le ministre de l’Eau et de l’Energie souligne d’ailleurs que la faible pluviométrie observée au cours des derniers mois a entraîné un déficit hydrologique de plus de 2 milliards de mètres cubes par rapport à l'année 2023. Par ailleurs, le débit interannuel communément observé pendant la période d'étiage, qui contribue à renflouer le volume d'eau dans les barrages, affiche une baisse inédite de 50%. Comme pour ne rien arranger, la centrale hydroélectrique de Memve'ele qui a été mise en service il y a à peine quelques années, a vu sa production s’effondrer de plus de 200 Mw avant « l’étiage particulièrement sévère » en cours à 35 Mw. Il faut dire que cet ouvrage dont la capacité installée tourne autour de 211 Mw et dont le coût de l’investissement atteint presque 450 milliards de Fcfa ne dispose pas d’une retenue d’eau en amont. Et dans ces conditions, il a très peu de chance de produire à son optimum, même en temps de crues.

Nachtigal

En effet, la situation en cours entraîne le système électrique du Réseau interconnecté Sud vers l’effondrement, d’autant qu’avant cette nouvelle crise, le déficit énergétique sur ledit réseau oscillait déjà entre 100 et 140 Mw. Si le gouvernement dit tout mettre en œuvre pour garantir un retour à la normale dans les meilleurs délais, cette perspective repose, outre le redémarrage des centrales à gaz de Kribi et à fuel de la Dibamba synonyme d’injection de 300 Mw dans le réseau, sur l’amélioration de l’hydrologie avec le retour espéré des pluies d’ici fin mars. Or, d’ici là, la sécheresse sera à son comble. Les prochaines semaines et mois s’annoncent donc dantesques. La situation est d’autant plus préoccupante que les conditions ne semblent pas réunies pour la mise en service à court terme du barrage hydroélectrique de Nachtigal, d’une capacité installée de 420 Mw. Dans son discours de fin d’année, le 31 décembre dernier, le président de la République, Paul Biya, a pourtant assuré que c’était une question de jours ou de semaines. Nachtigal Hydro Power Company (NHPC), la société de projet qui a réalisé cette infrastructure dans le cadre d’un partenariat public-privé avait défini un calendrier qui prévoyait l’injection de 60 Mw de nouvelles capacités sur le réseau chaque mois à partir de juin 2024, jusqu’à la mise en service totale en janvier 2025.

Mesures ponctuelles

Mais, faute d’un réseau de transport adapté, cette échéance ne peut être respectée. Des sources proches du dossier évoquent même d’autres contraintes qui retardent la mise en œuvre de ce calendrier, sans entrer en détail sur leur nature. Autre ouvrage de construction récente, le barrage hydroélectrique de Mekin, dans le Dja et Lobo (Sud), d’une capacité de 15 Mw, est hors service depuis au moins un an. Entre autres mesures ponctuelles prises pour atténuer la crise en cours, Gaston Eloundou Essomba instruit « l'optimisation des centrales de production existantes, en sollicitant la mise à disposition de leurs pleines capacités, le renforcement de l'approvisionnement en combustible des centrales thermiques, ainsi que la mise à contribution des industries pour réaménager leur consommation ». Le ministre demande en effet aux industries de réaménager leur plage de consommation, voire de s’effacer du réseau au profit des ménages pendant les périodes de forte demande en activant leurs dispositifs d’alimentation alternatifs, notamment les groupes électrogènes.

Lire aussi : Cameroun : alors que Nachtigal injecte 60 nouveaux mégawatts, les centrales de Mekin et Kribi tournent au ralenti

Cette demande qui revient chaque fois à cette période de l’année peine toujours à trouver grâce auprès des industries, en raison du prix élevé des combustibles destinés à faire tourner les générateurs, surtout qu’elles ne sont pas souvent autorisées à répercuter les surcoûts liés aux énergies thermiques sur les prix des produits finaux aux ménages. Du reste, Eloundou Essomba assure que sous la houlette du gouvernement, les négociations se poursuivent en vue du règlement de la dette du distributeur Eneo envers ses fournisseurs, dont les sociétés KPDC et DPDC qui exploitent les centrales à gaz de Kribi et à fuel de Dibamba.

Cet article est réservé aux abonnés.

Cet article nécessite un abonnement EcoMembre pour y accéder.

Contactez le service client
  • Accueil
  • Politiques Publiques
  • Cameroun : le service électrique au bord de l’effondrement
CamerounElectricitéGaston Eloundou EssombaArchive
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

Dans la même catégorie

MaïsPolitiques PubliquesCameroun : Yaoundé veut supprimer un prélèvement de 10 % sur le maïs local destiné aux élevagesFace au renchérissement des produits avicoles, le gouvernement prépare un allègement fiscal sur les matières premières utilisées par les éleveurs.il y a 8 heuresCAMEROUN - La ville de Sangmelima, au milieu de la foret tropicalePolitiques PubliquesAgriculture : le Cameroun veut immatriculer au moins 500 000 titres fonciers d’ici 2030 Alors que moins de 1 % des communes disposent d’un plan cadastral numérisé, Yaoundé veut sécuriser les terres agricoles, dans un secteur qui revient régulièrement en tête des domaines les plus dénoncés pour corruption.il y a 3 joursEpremiumAllocations familiales CNPSPolitiques PubliquesSécurité sociale : le Cameroun veut élargir les prestations de l'assurance volontaireLe régime destiné aux indépendants et aux travailleurs informels s’essouffle. Selon la CNPS, les nouvelles adhésions à l’assurance volontaire ont chuté de plus d’un quart en un an.il y a 5 joursYaounde VillePolitiques PubliquesCameroun : la participation du public à l’élaboration du budget de l’État s’effondre de 20 à 9 points (rapport)Le Cameroun associe de moins en moins le public à ses décisions budgétaires. Selon l’Enquête sur le Budget Ouvert 2025, le pays obtient une note de 9/100 sur cet indicateur, contre 20/100 deux ans plus tôt.il y a 6 joursEpremiumdouanesTransport et LogistiqueCameroun, Nigeria et Bénin préparent l’interconnexion de leurs systèmes douaniersCes trois pays avec l’appui d’Afreximbank, préparent un vaste chantier pour fluidifier leurs frontières, dans un contexte où le commerce intra-africain reste marginal comparé au reste du monde.il y a 6 jours

Articles similaires

Kone dossonguiBanques et FinanceTchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’HabitatPrésent au Cameroun et au Gabon, Atlantic Financial Group du magnat Ivoirien Koné Dossongui s’apprête à ajouter le Tchad à son réseau bancaire en Afrique centrale, sous réserve des formalités réglementaires.il y a 6 joursWhatsApp Image 2026-04-28 at 15.40.22Business et EntreprisesCameroun : Socadel veut acheter jusqu'à 70 653 tonnes de fioul pour soutenir la production électriqueAu moment où elle poursuit son plan de redressement opérationnel et financier, la Société camerounaise d’électricité cherche à sécuriser son approvisionnement en fioul lourd et en gasoil avant la période d’étiage.il y a 1 semaine
Actuellement en kiosque

Les plus lus

1Affaire Garoubé : la justice française maintient une saisie de 11,7 milliards FCFA contre l’État du Camerounil y a 5 jours2Cameroun : le projet de brasserie Krieger Brewery franchit l’étape des audiences publiquesil y a 4 jours3Tchad : le groupe ivoirien AFG en passe de prendre le contrôle de la Banque de l’Habitatil y a 6 jours4Pétrole : la SNH impose aux futurs opérateurs de six blocs un minimum de 250 000 USD/an pour former les Camerounaisil y a 1 jour5Cameroun : le patron de Gulfcam démissionne pour prendre la tête d'un distributeur pétrolier au Congoil y a 9 heures6Cameroun : le français Camusat lève 12 milliards FCFA auprès de deux banques locales pour ses infrastructures de télécomsil y a 6 jours7Congo : l’État accorde dix ans d’avantages fiscaux et douaniers aux activités de Franprix à Brazzavilleil y a 3 jours8Abidjan, Lomé, Libreville… : Idrissa Nassa remanie les états-majors de Coris Bank en Afriqueil y a 3 jours9CEMAC : les capitaux étrangers reculent dans les banques, les nationaux contrôlent désormais 23 établissements sur 54il y a 5 jours10Guinée équatoriale : Tradex menacé de perdre ses réservoirs de stockage de carburantil y a 5 jours
📧

Newsletter EcoMatin

Recevez notre briefing économique quotidien directement dans votre boîte mail

Analyses exclusives • Décisions économiques • Afrique centrale

App Logo
Je m'abonne
MarchéCotationBoursesFondsMatières premièresConvertisseur
AbonnementsMon compteMes abonnementsNewslettersArticles achetés
ServicesConditions généralesPolitique de confidentialitéPolitique en matière de cookiesContact & Suggestions
La rédactionQui sommes-nous?Nous rejoindreNotre équipeLettre du DP
Recevez notre briefing économique et financier tous les jours avant 10 heures.

En vous inscrivant à la newsletter, vous acceptez de recevoir nos communications. Vous pouvez vous désabonner à tout moment.

EcoMatin SRL : BE1003.413.035

Avenue Louise 523, 1050 Ixelles

© Copyright EcoMatin 2026. Tous droits reservés.