Boma Donatus, directeur général par intérim de l’Agence de promotion des investissements (API), et Augustin Tamba, président des Communes et villes unies du Cameroun (CVUC), ont signé ce 4 juin 2025 à Yaoundé un mémorandum d’entente pluriannuel. C’était à l’occasion de la clôture des Journées économiques internationales des communes (Jeicom), ouvertes le 2 juin.
Dans son rôle de facilitateur entre porteurs de projets et investisseurs, l’API – bras séculier de l’État en matière de promotion des investissements – entend accompagner les collectivités territoriales décentralisées (CTD) dans la recherche de financements pour leurs projets de développement.
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« Comme les maires ont le pouvoir dans le cadre de la décentralisation, il faut qu’ils commencent à voir comment ils peuvent effectivement devenir des investisseurs dans leurs territoires. Et pour cela, il faut que l’organe chargé d’attirer les investissements directs étrangers et de promouvoir l’investissement local puisse les aider à mieux structurer leurs projets, à leur trouver des partenaires étrangers avec qui travailler, et à leur faire bénéficier des incitations prévues par la loi », a expliqué Boma Donatus.
Cette convention n’est pas fortuite. Elle intervient dans un contexte où les CTD peinent à obtenir les financements prévus par le Code général des collectivités territoriales décentralisées de 2019, qui stipule qu’un minimum de 15 % des recettes de l’État doit leur être alloué. Cinq ans plus tard, l’administration centrale peine à franchir le seuil des 10 %. Dans le cadre du Projet de gouvernance locale et de communautés résilientes (Prolog), le ministre de la Décentralisation et du Développement local (Minddevel), Georges Elanga Obam, a d’ailleurs évoqué la mise en place d’une « subvention basée sur la performance ».
Pour mémoire, l’API a été créée en 2005. En 2013, le Cameroun a adopté une loi fixant les incitations à l’investissement privé, afin d’encourager l’initiative économique et d’accroître la production nationale. L’agence revendique aujourd’hui 424 conventions signées avec des entreprises, représentant plus de 7000 milliards de FCFA d’investissements potentiels. Toutefois, dans le contexte actuel de promotion de l’import-substitution, un défi persiste : faire ressentir concrètement ces incitations dans le secteur agroalimentaire, qui continue de peser lourdement sur la balance commerciale du pays.
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