Le Cameroun vise un taux de croissance de 8% du PIB en 2030 suivant l’objectif contenu dans sa stratégie nationale de développement (SND30). Pour tendre vers cette cible, le pays table sur 4,1% en 2025 après 3,8% en 2024. Le Fonds monétaire international (FMI) dans son Rapport sur les perspectives économiques régionales publié en novembre dernier se veut d’ailleurs très optimiste en prévoyant pour le Cameroun, une croissance économique de 4,2%, la plus élevée des 06 pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac).
Seulement, pour préserver sa place de leader de cette zone économique, le Cameroun entend poser les jalons d’un grand nombre de projets qui, réalisés, devraient avoir un impact significatif sur le développement économique. Ceux-ci ont été dévoilés ce 31 décembre 2024 par le chef de l’Etat camerounais Paul Biya à l’occasion de son traditionnel discours à la Nation.
Industrialisation
Pour le chef de l’Etat, la dynamique des produits exportés qui s’étend désormais aux produits industriels notamment avec l’aluminium, devrait s’accélérer avec la réforme de la Société nationale d’investissement (SNI). Paul Biya fait savoir dans la même veine, que 02 zones économiques de transformation du bois sont en cours de démarrage à Edéa (Littoral) et Bertoua (région de l’Est) ainsi que la technopole agroindustrielle de Ouassa Babouté à Nkoteng. Annoncé depuis des lustres, ce projet consacré à la production et la transformation des céréales, du lait et ses dérivés, pourrait voir le jour au cours de cette année 2025.
Mines
Sur la plan minier, le chef de l’Etat annonce que le démarrage de l’exploitation du gisement de fer de Kribi-Lobe- Bipindi-Grand Zambi et Mbalam- Nabeba est « imminent » sans oublier la bauxite de Minim-Martap dont la convention d’exploitation a été signée au mois de juillet 2024.
Eau et Energie
Dans un contexte où le Cameroun avoisine une capacité énergétique installée de moins de 2 000 MW contre une cible de 5 000 MW à l’horizon 2030, Paul Biya reconnait que le volume des investissements y relatifs « est appelé à accroitre ». Ces ressources financières permettront en l’occurrence de financer la poursuite de la 4e phase de projet d’électrification de 1 000 localités en énergie solaire. Projet auquel il faut ajouter la construction de plus de 300 solaires dans les unités administratives non encore électrifiées.
Dans la capitale économique (Douala), l’on apprend que les études techniques du mégaprojet d’adduction en eau potable « ont été finalisées », ce qui laisse présager le lancement effectif de cet autre projet infrastructurel aussi annoncé depuis plusieurs années déjà.
Santé
Les plaintes du personnel de la santé ne sont visiblement pas restées lettre morte auprès du chef de l’Etat. Ce dernier annonce l’amélioration de l’offre des soins moyennant le renforcement des plateaux techniques des hôpitaux en « densifiant la carte sanitaire ». Pour couronner le tout, Paul Biya vient d’instruire à son gouvernement de contractualiser de 9 944 personnels de santé sur une période de 5 ans. L’effet escompte étant de réduire le chômage des jeunes diplômés dans le secteur de la santé et la prise en charge des malades.
Réseau routier
Sur le plan routier, le linéaire national bitumé est inférieur à 10 500 km soit moins de 10% du linéaire total estimé à 121 873 km. Après de longues négociations avec les bailleurs de fonds, plusieurs projets sont « en voie de démarrage ». Il s’agit de la Ebolowa-Akom II-Kribi, Ngaoundéré-Garoua et Mora-Kousseri. Parallèlement, les tronçons Bekoko-Limbe-Idenau et Mutenguene-Buea dans la région du Sud-Ouest, seront réhabilités, rassure-t-il.
En ce qui concerne la lutte contre les catastrophes aux rangs desquelles les inondations, le gouvernement est appelé à mettre en œuvre un plan spécifique de construction et de rénovation des différentes infrastructures de protection contre les inondations dans la région de l’Extrême-Nord.
CNI, double identité…
Sous un autre angle, l’élection présidentielle aura lieu en 2025 au Cameroun. Sauf que de nombreux citoyens demeurent confrontés aussi bien aux difficultés d’obtention de la Carte nationale d’identité (CNI) que la problématique de la double identité. Le chef de l’Etat est clair. Il dit avoir donné des instructions à Joseph Dion Ngute (le Premier ministre) afin que ces problèmes soient « rapidement réglés ». Du reste, Paul Biya annonce l’intensification de la lutte contre la corruption (qui a fait perdre 114 milliards de Fcfa à l’Etat du Cameroun en 203 selon la Commission national anti-corruption, Ndlr) et les détournements des deniers publics.

