Après une flambée des prix au mois de décembre consécutivement aux festivités de fin d’année, les prix des produits alimentaires ont légèrement replié en janvier et ont ensuite stagné le mois d’après. Des fluctuations significatives ont, cependant, été enregistrées sur certains produits commercialisés dans les marchés de Yaoundé et Douala en raison notamment des conditions météorologiques favorables à la récolte. Il en est ainsi des légumes (Okok, Kpem, Zom…) qui abondent dans les marchés.
Certes, sur cette spéculation, les prix semblent n’avoir pas beaucoup évolué, mais le client en a pour son argent. À Yaoundé, au marché du Mfoundi, la botte de légumes a presque doublé en volume, en glissement mensuel, mais le prix est resté le même. La banane dessert est également à bon prix. À Yaoundé, la valeur d’un régime moyen a chuté de 66,7 % en février et de 100 % à Douala. Il en est de même des oignons qui abondent désormais dans les marchés à vil prix.
Parallèlement, ça ne semble pas encore être la saison de la tomate. À Yaoundé, le cageot est commercialisé à 3 500 FCFA (+28%) alors qu’à Douala, le prix moyen est presque le double, soit 8 000 FCFA (+12,50%). En revanche, certains produits tels que le bœuf, le lait en poudre, le porc et le poulet restent stables avec des variations nulles, ce qui suggère une régularité dans leur disponibilité et leur demande. De ce fait, EcoMatin FPI, un indice composite mis en place par le journal EcoMatin pour suivre la variation des prix d’une vingtaine de produits dans les deux principales capitales camerounaises, est resté sur un trend haussier culminant à +3,6% à Yaoundé et +10,70% à Douala.

Mangues : le grand retour

Déjà deux semaines que ce fruit fortement consommé, a fait son retour dans les marchés de la ville de Yaoundé. Le marché du Mfoundi est le lieu par excellence où s’en procurer en grande quantité mais dans les coins de rue, le fruit est également disponible. Seul hic : le coût que certains jugent très onéreux pour le moment. Sur le terrain, un tas de six petites mangues vaut 1 000 Fcfa, le même nombre en plus gros est proposé à 3 000 Fcfa. « C’est parce qu’il n’y a pas encore abondance, lorsque ce sera le cas dans les prochaines semaines les prix vont chuter », souffle un consommateur averti.
Banane : le prix baisse

Les marchés de Yaoundé et Douala sont actuellement bien approvisionnés en bananes dessert, au grand soulagement des consommateurs et des commerçants. Les grossistes affirment que la récolte a été́ bonne, grâce à des conditions météorologiques favorables et à l’amélioration des techniques agricoles. Au marché de Mvog-bi à Yaoundé par exemple, les vendeurs confirment que l’offre est restée stable, garantissant des prix stables malgré la hausse des coûts de transport. Les quantités vendues auparavant à 800 Fcfa sont désormais disponibles à 500 Fcfa. Un régime habituellement vendu à 3 000 Fcfa se vend maintenant entre 2000 et 1500 Fcfa.
Manioc : une qualité moyenne pour un prix élevé

Depuis le début du mois de mars, la qualité du manioc vendu sur les marchés est unanimement critiquée par les consommateurs, notamment les ménagères, alors que son prix atteint des niveaux considérés comme exorbitants. Un tas de quelques tubercules se négocie désormais à 1 000 Fcfa, soit le double du tarif pratiqué en février (500 Fcfa). Selon des commerçants, cette baisse qualitative est liée aux cycles de récolte, les tubercules récoltés entre mars et juin présentant généralement une teneur en amidon moins élevée que celles récoltées entre juillet et février, ces dernières étant jugées plus savoureuses et adaptées à la cuisson directe.
Interview
Madeleine Mbassi, commerçante
« Une botte de légumes qui se vend aujourd’hui 300 Fcfa s’achetait 600 Fcfa pendant la saison sèche »

Comment se porte le marché des légumes actuellement ?
Le marché des légumes traverse une période particulièrement dynamique, marquée par une abondance exceptionnelle de produits tels que l’okok, le kpem, le kèlinlèlin et le zom. Cela s’explique par le retour de la saison des pluies. Prenons l’exemple du zom : dès les premières pluies, mon champ de zom a doublé en volume. Il en va de même pour le kpem et le kèlinlèlin.
Pourquoi les quantités ont-elles augmenté ?
Avec la reprise de l’activité des champs, nous pouvons désormais augmenter les quantités vendues pour maximiser notre retour sur investissement. Auparavant, une botte de légumes qui se vend aujourd’hui 300 Fcfa s’achetait 600 Fcfa pendant la saison sèche, car nos récoltes étaient ralenties par la sécheresse.
Comment faire pour conserver les légumes ?
Les clients rechignent à acheter des légumes dont les feuilles commencent à faner. Pour éviter cela, je consulte la météo et analyse mes ventes de la veille. Si j’ai vendu pour 15 000 Fcfa un jour sans pluie, et que la météo annonce un temps similaire, j’augmente mes quantités de 2 000 Fcfa. En cas de surplus, je découpe les légumes invendus pour les revendre le lendemain, car certaines clientes préfèrent les acheter à l’unité plutôt qu’en botte.

