Malgré l'arrêt de la Cour internationale de justice (Cij) de la Haye du 10 octobre 2002 attribuant la péninsule de Bakassi au Cameroun, des dissensions persistantes avec le Nigeria, notamment au sujet de la ligne de démarcation de la frontière de plus de 2000 kilomètres qui séparent les deux pays. La Commission mixte Cameroun-Nigeria, mise en place lors du Sommet de Genève du 15 novembre 2002 entre Paul Biya et l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU), tente d'accélérer les choses afin que tous les points de désaccords soient définitivement réglés. Le sujet a été au cœur de la 6e session extraordinaire de cette instance, tenue le 27 juin dernier à Yaoundé. Présent dans la capitale camerounaise, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l'Afrique de l'Ouest et le Sahel, qui préside également la Commission mixte Cameroun-Nigeria, le Mozambicain Leonardo Santos Simão a soulevé la question névralgique des champs pétroliers transfrontaliers.
Après avoir souligné la nécessité pour les deux pays voisins de continuer d'identifier et de mettre en œuvre des projets transfrontaliers afin de renforcer la coopération et l'intégration économique, il a appelé les gouvernements respectifs du Cameroun et du Nigeria à finaliser l' accord sur l'exploitation conjointe des hydrocarbures à cheval sur la frontière maritime. Il faut dire que ces ressources du reste convoitées de tout temps par le grand voisin ouest-africain ont été à l'origine de décennies de conflits armés entre le Cameroun et le Nigeria, notamment au sujet de la presqu'île de Bakassi (département du Ndian, dans le Sud-Ouest), qui est par ailleurs réputée pour ses eaux poissonneuses. La finalisation de cet accord d'exploitation conjointe des hydrocarbures à cheval sur la frontière maritime impliquera, selon les experts, que les blocs pétroliers concernés seront mis en œuvre en appel d'offres pour la poursuite des travaux d'exploration, en l'occurrence, effectuer les fourrages.
Cette étape, explique Youmssi Bareja, expert en mines et pétrole et universitaire, est indispensable pour la mise en évidence des gisements. Car, si les ressources sur la frontière maritime sont estimées, les potentiels n'ont jamais été prouvés. Pour le Cameroun, la conclusion d’un tel accord ne serait pas inédite. En août 2023, le pays avait paraphé un accord pour la coopération dans l'exploitation des champs pétroliers et gaziers transfrontaliers avec la Guinée équatoriale. Cet accord concerne, précisément, les gisements gaziers et pétroliers de Yoyo au Cameroun et Yolanda en Guinée équatoriale, représentent 2 500 milliards de pieds cubes de gaz naturel, soit 7 079,25 milliards de mètres cubes, dont 84 % des réserves appartiennent au Cameroun , et 16% à son voisin équato-guinéen. La zone maritime entre ces deux pays est également riche en pétrole dont le volume des réserves reste encore secret.

