En prélude au démarrage de ses activités extractives dans le septentrion camerounais, la junior minière britannique Oriole Resources a engagé, le 12 octobre 2026 à Yaoundé, des pourparlers officiels avec la Direction générale des douanes (DGD). Conduite par son président-directeur général, Martin Rosser, et accompagnée de son directeur financier et du responsable de la filiale locale, la délégation est venue plaider pour un allègement des procédures d'importation de ses équipements. Selon une note de la DGD consécutive à l'audience accordée par son directeur général, Edwin Fongod Nuvaga, « l'objectif de cette visite était double : présenter les contours du projet et solliciter un accompagnement douanier sur mesure pour sécuriser la logistique. »
Cette anticipation s'explique par l'imminence de la phase de développement du projet aurifère de Bibemi, situé dans la région de l'Adamaoua. Dans l'attente d'un permis d'exploitation sollicité depuis juillet 2024, Oriole Resources peaufine l'ingénierie technique et financière de ce gisement, dont les ressources minérales estimées (MRE) atteignent 460 000 onces d'or (environ 14,3 tonnes). La société a récemment publié son évaluation économique préliminaire et prépare les plans de conception de la mine, sur la base de tests métallurgiques visant un taux de récupération de l'or de 85 %.
Le matériel de pointe nécessaire au traitement du minerai exige une planification rigoureuse, faute de quoi les coûts d'immobilisation risquent de s'envoler. La DGD a donc encouragé l'entreprise à anticiper le traitement de ses importations afin d'éviter tout goulot d'étranglement, sans qu'un abattement fiscal ou tarifaire formel ait, pour l'heure, été acté.
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L'enjeu ne se limite pas à l'or. Sécuriser la chaîne d'approvisionnement devrait aussi permettre à Oriole de lancer l'exploitation du gisement de Wapouze, dans la région du Nord, au bénéfice de l'industrie locale des matériaux de construction. Avec des ressources évaluées à 32 millions de tonnes de calcaire de très haute qualité, ce projet a vocation à s'intégrer à la chaîne de valeur de la production cimentière. Cette diversification, rappelée par Martin Rosser à l'issue de l'audience, pourrait réduire les importations de matières premières des cimenteries opérant au Cameroun. Elle intervient au lendemain des consultations publiques menées auprès des communautés riveraines, destinées à consolider l'acceptabilité sociale de ces exploitations.
Cette structuration logistique et administrative préfigure la transformation d'Oriole Resources, d'une société d'exploration en producteur minier au Cameroun, portée par son projet aurifère de Mbé (région du Nord). Présenté comme le futur poumon minier de la sous-région, il est développé en coentreprise à parts égales avec BCM International et s'étend sur une concession de 312 km². Les données géologiques préliminaires y projettent des ressources présumées de l'ordre de 1,66 million d'onces d'or (environ 51,6 tonnes). Aucune demande de permis d'exploitation n'a encore été déposée pour Mbé, mais un accompagnement douanier pourrait servir de catalyseur aux investissements massifs qu'exigera son développement.












