Selon un communiqué rendu public ce 18 novembre 2024 par Joseph Le, ministre camerounais de la Fonction publique et de la Réforme administrative (Minfopra), 1 172 nouveaux fonctionnaires viennent pour certains, d'être révoqués d’office et pour d’autres, licenciés des agents de l’Etat relevant du Code du travail. « Cette nouvelle vague s’ajoute aux 1 981 licenciements et 424 révocations intervenues précédemment », martèle le membre du gouvernement. Soit un total de 3 577 personnels éjectés sur la base de ce décompte.
Cette décision émane de la phase contentieuse de l’opération de comptage physique des personnels de l’Etat lancée en 2018 (Coppe). L’on se souvient qu’entre 2018-2022 (4 ans), cette opération gouvernementale avait donné lieu à la radiation de 1 408 agents fonctionnaires. Le ministre de la Fonction publique ne donne pas les détails sur les domaines concernés. Toutefois, le 15 avril 2021, le même département ministériel publiait une liste de 32 agents révoqués tous enseignants des Enseignements secondaires général et technique. « Nonobstant de nombreux communiqués de mise en demeure du ministère des Finances et du Minfopra à l’adresse de 8 766 agents publics mis en cause, seuls 601 ont répondu aux demandes d'explication écrites qui leur étaient adressées et certains, déférés aux convocations du conseil permanent de discipline de la Fonction publique », déplore Joseph LE.
Préjudice financier
Par ailleurs, apprend-t-on, au terme des procédures disciplinaires, des réhabilitations ont été prononcées en faveur de certains et des licenciements ou révocations à l’endroit d’autres bien qu’ayant répondu aux convocations, « ont excipé de faux documents à l’effet d’induire l’administration en erreur ». Il convient de signaler que l’opération de Comptage physique vise à toiletter le fichier solde de l’Etat par le démantèlement des fonctionnaires cumulant soit plusieurs postes de travail, des mois voire des années d’absence à leur poste d’affectation tout en percevant le salaire mensuel. Il s’agit également de la perception indue des salaires par l’usage des fausses identités, des faux documents etc. Toute chose qui fait perdre beaucoup d’argent au Trésor public obérant par la même occasion les effectifs de la Fonction publique et la masse salariale y afférente.

La preuve, le Document de programmation économique et budgétaire à moyen terme 2025-2027 table sur une masse salariale de 1 663 ,4 milliards de Fcfa en 2025. Comparé à 1 487,8 milliards de Fcfa prévus pour 2024, les charges du personnel progresseraient de 175,6 milliards de Fcfa en valeur absolue et de 11,6% en valeur relative. De l’autre côté, l’effectif lui, devrait culminer à 411 749 fonctionnaires à fin décembre 2024 pour une hausse d’environ 8% en glissement annuel.
L’application Aigles toujours attendue…
Pour rappel, la circulaire du chef de l’Etat relative à la préparation du budget 2025 insiste sur l'assainissement du fichier solde. Ainsi, en ce qui concerne les dépenses de personnel et des pensions, Paul Biya instruit « la finalisation de la phase de contentieux de l'opération de Comptage Physique des Personnels de l'État (Coppe 2018), par la sortie définitive du fichier solde de l'État de tous les agents publics définitivement reconnus absents et suspendus à cet effet ». Pour ce faire, garantir un dépense salariale « de qualité » reviendrait également d’après le président de la République, à opérationnaliser (en fin) l’Application de gestion logique des effectifs de l’Etat et de la solde (Aigles) Attendu depuis mi-2023 mais dont la mise en service a encore été reportée pour l’année 2025.

