Près de sept mois après sa mise sous administration provisoire par la Commission bancaire de l’Afrique centrale (COBAC), Unics Plc amorce une étape décisive de son redressement. L’établissement de microfinance de deuxième catégorie a convoqué ses actionnaires à une Assemblée générale extraordinaire, prévue le 21 février prochain à Yaoundé. Point central à l’ordre du jour : l’examen et l’adoption du plan de restructuration élaboré sous la conduite de l’administrateur provisoire, Jean Daniel Massol.
La structure, basée dans la capitale, avait été placée sous administration provisoire par la décision COBAC D-2024/145 du 26 juin 2025, pour une durée initiale de six moCameroun : la COBAC place la microfinance Unics Plc sous administration provisoireis. Selon le régulateur communautaire, cette mesure de sauvegarde visait à « rétablir très rapidement les conditions normales d’exploitation » de l’établissement. Jean Daniel Massol, expert en micro-leasing, avait alors été désigné pour conduire ce processus sensible.
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Initialement, l’administration provisoire devait s’achever entre janvier et février 2026. Mais la tenue de cette Assemblée générale, sept mois après la décision de la COBAC, suggère un décalage dans le calendrier. L’adoption du plan de restructuration devrait permettre au régulateur d’apprécier les efforts engagés pour corriger les dysfonctionnements constatés et décider, le cas échéant, d’une sortie progressive de l’administration provisoire ou de sa prorogation.
Fondée en 2000 comme établissement de microfinance de première catégorie, Unics Plc a changé de dimension en 2017 avec son agrément en deuxième catégorie. L’institution revendique aujourd’hui un réseau de 18 agences réparties dans neuf villes et cinq régions du Cameroun, environ 68 000 clients, plus de 250 actionnaires et 135 employés. Au moment de sa mise sous administration provisoire, son capital social, entièrement libéré, s’élevait à 1,6 milliard FCFA.
Le cas Unics Plc s’inscrit dans un contexte plus large de fragilité persistante du secteur de la microfinance au Cameroun et dans la zone CEMAC. Ces dernières années, plusieurs établissements ont été placés sous administration provisoire ou ont tout simplement cessé leurs activités, à l’instar de Cepac, Cofinest, Comeci, City Trust, Credit Fund, Crédit du Golfe, Crédit Mutuel, ou encore Fiffa. Autant de défaillances qui ont parfois laissé des milliers d’épargnants sans recours et renforcé la vigilance du régulateur communautaire.
Dans cet environnement marqué par un durcissement du contrôle prudentiel, l’issue du processus de restructuration d’Unics Plc est suivie de près. Elle pourrait constituer un test supplémentaire de la capacité des établissements de microfinance à se conformer durablement aux exigences de la COBAC et à restaurer la confiance des épargnants.

