Le Cameroun envisage un retour sur le marché international des capitaux pour de nouvelles opérations de financement d’1 milliard d’euros, environ 656 milliards FCFA. L’objectif étant de combler le besoin de financement du budget de l’Etat pour le compte de l’exercice budgétaire 2026. C’est du moins ce que renseigne le Document de programmation économique et budgétaire (DPEB) à moyen terme 2026-2028, présenté le 1er juillet dernier aux parlementaires. « Le recours à d'autres sources de financement, notamment à l'international devraient également être envisagé afin d'optimiser le financement du déficit budgétaire […] A cet effet, pour l'exercice 2026, le Gouvernement procèdera aux émissions des titres internationaux d'environ 1 milliard d'euros (soit environ 656 milliards de FCFA) », peut-on lire dans ledit document.
Les modalités précises de cette opération (maturité, devise, placement, taux, partenaires impliqués) restent à définir. Le gouvernement explore par ailleurs plusieurs instruments alternatifs, notamment les financements climatiques, les émissions de « green bonds », d’obligations liées aux ODD, des financements islamiques ou encore des partenariats bilatéraux innovants, souligne le document.
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Parvenir à mobiliser ces ressources, destinées à financer le budget 2026 estimé à 2 124,3 milliards FCFA, est un défi pour le pays compte tenu de sa note de crédit relativement faible. En mai dernier, l’agence de notation américaine Fitch avait attribué au pays un « B » avec une perspective négative, pointant des vulnérabilités persistantes en matière de gouvernance et de gestion des finances publiques. Ainsi, les enjeux d’une nouvelle sortie sur le marché international sont importants pour mesurer les surcoûts qu’elle pourrait générer mais aussi évaluer l’opinion des investisseurs quant à la résilience de l’économie nationale.
330 milliards FCFA à lever en 2025
La volonté du pays de se relancer sur le marché international intervient quelques temps après que le Trésor public camerounais a levé 200 milliards FCFA sur le marché des titres publics de la BEAC avec le soutien d’Afreximbank. Le gouvernement envisage d’ailleurs d’effectuer une nouvelle opération sur le marché extérieur, à la recherche de 330 milliards FCFA cette même année. « Un nouveau financement qui n’était pas prévu dans la LF 2025 », précise le DPEB.
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Ce regain d’activité vise le maintien du contact avec le marché financier international au détriment du marché régional. En effet, selon le DPEB, l’enveloppe recherchée sur le marché des titres publics de la CEMAC devrait passer de 380 à 350 milliards en 2025, « du fait des conditions financières défavorables sur le marché domestique ». Alors qu’il ambitionne de multiplier les sorties sur le marché intérieur, le gouvernement camerounais prévoit parallèlement une diminution du financement recherché sur le marché des titres publics en raison du contexte rigide actuellement dans la CEMAC depuis le durcissement progressif de la politique monétaire engagé par la COBAC et la BEAC, en vue de ramener l’inflation à un niveau inférieur au seuil de 3%.

