Le gouvernement camerounais a lancé le recrutement d’un cabinet spécialisé dans l’audit du secteur extractif pour assainir sa filière aurifère. L'annonce a été faite le 15 juillet à Yaoundé par le ministre de tutelle, Fuh Calistus Gentry, lors d’une conférence de presse. S'il a précisé qu'il « s’agira d’une société internationale reconnue », le membre du gouvernement n'a pas détaillé les modalités de recrutement ni la durée de la mission.
Le cahier des charges de cette future entité vise à faciliter l’implémentation de la politique de restructuration de l’artisanat semi-mécanisé. La société d'expertise devra évaluer scientifiquement les quantités d'or à prélever sur les sites de production. « Étant donné que 90 % de l’or du Cameroun est produit à travers la semi-mécanisation, si le prélèvement se fait à la source sur le site, il n’y aura pas de problème. Le problème n’est pas l’exportation de l’or. Le problème est que le Cameroun exploite l’or sans prélever les taxes, ce qui représente des pertes en milliards », a déclaré le ministre.
Concrètement, le régime de l'artisanat semi-mécanisé demeure déclaratif, c'est-à-dire, les opérateurs communiquent eux-mêmes leur production mensuelle à l’État, qui s'en sert de base pour calculer l'impôt. Jugeant ce mécanisme défaillant car reposant exclusivement sur la bonne foi des exploitants, le ministère des Mines instaure un mode de prélèvement radical. Celui-ci sera désormais basé sur un volume de production minimum scientifiquement calculé par le cabinet d'expertise, couplé à un système de collecte directe sur les sites.
Dans le détail, les nouvelles réformes fixent des seuils de production mensuels obligatoires indexés sur la capacité opérationnelle des installations. Soit 5 kilogrammes pour les sites opérant 15 bols, 7 kilogrammes pour 20 bols, et 10 kilogrammes pour 30 bols. Parallèlement, tous les opérateurs ont l'obligation de migrer d'ici six mois vers la technologie d'épuration en circuit fermé. Les calculs et évaluations scientifiques du cabinet viendront directement appuyer la Task-Force mixte (Douanes, Impôts et Sonamines) lors de ses opérations de recouvrement sur le terrain.
Cette démarche intervient alors que l’État reconnaît que 80 à 90 % de l'or produit sur son territoire échappe aux circuits officiels de collecte. Après avoir fermé plus de 200 sites illégaux et identifié une trentaine d’installations dotées de réservoirs de grande capacité dans les régions de l’Est et du Septentrion, le gouvernement déploie ainsi sa stratégie pour reprendre le contrôle total de la filière.
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