Le prolongement des souscriptions est désormais une situation « ponctuelle » pour les emprunts obligataires du Gabon. Comme le tout récent qui a connu par deux fois une prorogation, l’emprunt obligataire « EOG Multi-Tranches 2024-2030 - II » de 80 milliards de Fcfa, lancé en novembre 2024 vient lui aussi de connaître la même situation. L’arrangeur principal et chef de file de ladite opération, la société de bourse camerounaise Building Emerging Markets (BEM Securities) a annoncé que le délai de souscription sur cet appel public à l’épargne est prolongé d’un mois, soit jusqu’au 22 janvier 2025. D’expérience, le report intervient lorsque l’émetteur n’a pas atteint l’objectif de collecte dans les délais impartis. BEM Securities ne justifie pas ce report, mais la qualifie plutôt de « bonne nouvelle pour les investisseurs », frileux sur les opérations du pays. Et pour attirer davantage d'investisseurs sur cette opération, le pays a décidé de fixer le prix d’émission à 9 700 Fcfa, en dessous du pair (10 000 Fcfa), pour une souscription minimale de 50 obligations.
Et pour cause, d’abord les conditions d’emprunt extrêmement rigides du marché financier de la Cemac causées par le resserrement de la politique monétaire mise en place par la Banque des États de l’Afrique centrale (Beac) afin de combattre l’inflation galopante dans la région. En occurrence pour la 7ème fois d’affilée, la Banque centrale a décidé de maintenir inchangés ses taux directeurs en reconduisant le taux d'intérêt des appels d'offres à 5 % et le taux de facilité de prêt marginal à 6,75 %. En outre, ce resserrement n’est pas sans conséquence sur les conditions d’accès aux liquidités bancaires car « les banques n’ont pas assez d’argent pour investir dans les différentes opérations des pays émetteurs, » indique une source.
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L’autre facteur qui pourrait expliquer cette faible souscription et donc le prolongement des souscriptions sur l’emprunt obligataire du Gabon c’est la frilosité des émetteurs vis-à -vis du Gabon, ce pays de la Cemac qui a été le théâtre d’un coup d’État militaire en août 2023. Depuis lors, la situation économique du pays est devenue tendue. Toutefois, si Libreville parvient à collecter les 80 milliards de Fcfa sollicités, le pays réduira une partie de sa dette publique et financera des projets de développement inscrits dans son Plan National de Développement pour la Transition (PNDT).
Pour rappel, le Gabon vient une fois de plus de subir une suspension de la Banque mondiale. Six mois après qu’elle ait levé sa suspension de financements, l’institution de Bretton Wood vient à nouveau de couper des décaissements au bénéfice du pays, en raison d’arriérés de dettes établis à la somme de 17 milliards de Fcfa. Cette situation de suspension à répétition des financements de la Banque mondiale est contre productive pour le Gabon. Car, elle remet en question sa signature sur le marché financier international, et même local. Car, être dans l’incapacité d’honorer ses engagements rend les investisseurs méfiants et les prêteurs frileux. La conséquence, c’est que le Gabon peut se retrouver dans une situation où les marchés financiers pourraient ne plus lui prêter l’argent nécessaire pour booster son économie.

