Depuis janvier 2025, une enveloppe de 223 780 dollars, soit près de 143 millions de FCFA a été provisionnée par la Banque des Etats de l’Afrique centrale (Banque centrale commune au Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, la RCA et le Tchad), sur financement de la Banque africaine de développement à travers le guichet du Fonds d’aide au secteur privé africain, dans le but de financer l’introduction en bourse de 04 sociétés en Zone CEMAC. Les fonds qui font partie du financement permettant de couvrir les coûts du Projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale, visent, selon l’avis à manifestation d’intérêt publié le 2 juillet 2025 par la BEAC, à sélectionner et à financer des sociétés pouvant bénéficier de la prise en charge des frais d’introduction en bourse, « dans le but de développer des marchés de capitaux de l’Afrique centrale ».
A travers le projet d’appui au marché financier unifié d’Afrique centrale, la BEAC développe un mécanisme incitatif pour les entreprises éligibles susceptibles de faire leur introduction en bourse. Les fonds ainsi provisionnés servent aussi à encourager les entreprises à se faire coter à la bourse de la BVMAC. L’éligibilité à ce financement qui est un don de la BAD, es conditionnée par l’approbation de la Commission de Surveillance du Marché Financier d’Afrique centrale (COSUMAF), la Bourse des Valeurs du Marché d’Afrique centrale (BVMAC) et de la BAD.
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Les dépenses d’introduction à la bourse concernent quatre rubriques : la commission de visa de la COSUMAF, la commission d’introduction en bourse de la BVMAC, les frais du conseil juridique ayant signé le document d’information rempli par la société, les frais de commissaire aux comptes ayant certifié les comptes présentés dans le document d’information de l’entreprise.
Incitations
Ce financement de la BAD visant à encourager l’introduction en bourse des entreprises de la Zone CEMAC, vient en appoint à la volonté des États de la sous-région à encourager les entreprises publiques et privées, à se faire coter à la BVMAC dans le but de dynamiser le marché financier régional et d'attirer des investissements. Pour y parvenir, les États de la CEMAC ont mis en place plusieurs mesures et mécanismes dont l'incitation et la facilitation, la cession des participations publiques, l'amélioration de la gouvernance des entreprises et le renforcement du cadre réglementaire.
Au-delà, l’introduction en bourse présente bien des avantages pour les entreprises. L’on peut citer entre autres des facilités de mobilisation des fonds, la maîtrise de l’endettement, l’augmentation de la visibilité et notoriété, le renforcement de la crédibilité, la liquidité pour les actionnaires existants, la diversification de l'actionnariat, la valorisation de l'entreprise ou encore l’accès à de nouveaux marchés.
Inertie
En dépit de ces avantages et bien que nombre de pays, pour faire de la BVMAC une place boursière dynamique et attractive pour les entreprises et les investisseurs, aient, depuis 2023, envoyé des listes d’entreprises publiques devant être cotées en bourse, le processus reste globalement inachevé. C’est le cas pour le Cameroun qui avait par exemple, comme candidats à l’entrée en bourse Aéroports du Cameroun, la Cameroon Hotels Company, le Port Autonome de Douala, et la Société de Développement du Coton.
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Pareil en RCA où les Sociétés centrafricaine des télécommunications, de distribution d'eau de Centrafrique, et Énergie centrafricaine avaient été proposées à l’introduction en bourse. En Guinée équatoriale, en dehors de la banque à capitaux publics Banco Nacional de Guinea Ecuatorial (Bange Bank), qui a bouclé son processus d’introduction à la bourse de la BVMAC, la Guinea Ecuatorial de Telecomunicaciones et la Sociedad de Electricidad de Guinea Ecuatorial attendent encore. Idem pour les entités publiques congolaises Congo Telecom, La Congolaise des eaux, Énergie électrique du Congo et Centrale électrique du Congo.
Du côté des entreprises privées, BGFI Holding entend cette année boucler son processus d’entrée en bourse engagé en début d’année. En dépit de la bonne volonté des différents Etats, l’introduction en bourse des sociétés publiques reste sans grand succès. Une lourdeur qui frise l’inertie et dont l’explication peut se trouver dans les carences managériales qui caractérisent nombre de dirigeants d’entreprises publiques notamment le non-respect des règles de transparence et de gouvernance exigées par la bourse pour attirer des investisseurs.
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