L’État congolais a procédé, dans la plus grande discrétion, à un rééchelonnement partiel de sa dette sur le marché régional des titres publics. Selon des informations obtenues par EcoMatin, cette opération a porté sur un volume global de 304,87 milliards FCFA, correspondant à deux échéances successives : 175,4 milliards FCFA arrivés à maturité entre le 13 et le 19 octobre, et 129,46 milliards FCFA pour la semaine du 20 au 26 octobre.
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Le gouvernement a confié la manœuvre à deux intermédiaires financiers basés à Brazzaville, le groupe L’Archer et LCB Capital, chargés de renégocier avec les investisseurs de nouveaux délais de remboursement afin d’offrir plus de flexibilité au Trésor public. D’après nos informations, L’Archer a mobilisé 90,25 milliards FCFA sur la première période et 106,46 milliards FCFA sur la seconde, le solde ayant été pris en charge par LCB Capital. Les nouvelles maturités n’ont pas été rendues publiques, mais une source proche du dossier indique que certaines obligations auraient été allongées jusqu’à trois ans supplémentaires, offrant ainsi un répit bienvenu à la trésorerie congolaise.
Contrairement au Programme national d’optimisation de la trésorerie (PNOT) lancé en 2024 et largement médiatisé, cette opération a été menée sans communication officielle. Elle traduit, selon plusieurs observateurs, la persistance de fortes tensions de liquidité et interroge sur l’efficacité réelle du précédent programme, qui devait initialement assainir le profil de la dette intérieure. Pour mémoire, le PNOT avait permis au Congo de convertir 1 240 milliards FCFA de titres à court terme en obligations à plus longue maturité -jusqu’à 10 ans-, tout en générant 250 milliards FCFA de liquidités nouvelles. Si cette opération avait contribué à lisser les échéances et à réduire les risques de défaut, elle n’a pas suffi à stabiliser durablement la position de trésorerie du pays.
Outre cette opération, L’Archer, fondé par Gilles Tchamba, s’est illustré dans plusieurs opérations régionales de grande envergure, notamment comme chef de file de l’emprunt BDEAC de 50 milliards FCFA en 2024 et co-arrangeur de la recapitalisation du Fonds de garantie des investissements en Afrique (FIGA).

