Le président de la République centrafricaine, Faustin-Archange Touadéra, a lancé, le 13 août, les travaux de construction du deuxième champ solaire du pays, baptisé Sakaï 2, dans le sud de Bangui. Ce projet majeur, financé à hauteur de 90 millions USD (soit un peu plus de 50 milliards FCFA) par les Émirats arabes unis, devrait être achevé en huit mois. Il marque un tournant stratégique pour l’approvisionnement énergétique de la Centrafrique qui, jusqu’en 2016, ne disposait que de 28 MW de capacité installée. Les réformes engagées sous la présidence de Touadéra ont porté ce chiffre à 101 MW en 2023.
La future centrale solaire de Sakaï 2, d’une puissance de 60 MW, permettra à elle seule d’augmenter la capacité actuelle de plus de 50 %, renforçant ainsi l’alimentation électrique de Bangui et de ses environs. Cette hausse substantielle devrait non seulement réduire les coupures récurrentes, mais aussi stimuler l’activité économique en assurant un meilleur fonctionnement des industries, des services publics et du secteur tertiaire. Une électricité plus stable et plus propre contribuera également à limiter la dépendance aux groupes électrogènes et aux énergies fossiles coûteuses.
Fruit de la coopération bilatérale entre Bangui et Abou Dhabi, le projet est issu des accords signés lors de la visite officielle du président Touadéra aux Émirats, en mars 2025. Le chef de l’État centrafricain a exprimé sa gratitude à son homologue émirati, Mohammed Ben Zayed Al Nahyane, saluant « un geste concret qui rapproche la Centrafrique de l’indépendance énergétique ».
Au-delà de l’impact immédiat sur la fourniture d’électricité, cette infrastructure s’inscrit dans une vision plus large de transition énergétique. En misant sur le solaire, la Centrafrique diversifie ses sources d’énergie et réduit son empreinte carbone, tout en posant les bases d’une économie plus résiliente. Pour mémoire, une première centrale photovoltaïque de 15 MW avait été inaugurée à Sakaï en mars 2023 grâce à un partenariat avec la Chine. Avec Sakaï 2, le pays, en quête d’industrialisation, pourrait amorcer un cercle vertueux : plus de production, plus d’emplois et une nette amélioration des conditions de vie.

