Le Chemin de fer Congo-Océan, qui relie Brazzaville à l’océan Atlantique, incarne aujourd’hui un symbole de déclin industriel. Délaissé depuis plusieurs décennies, le CFCO n’a bénéficié d’aucune rénovation significative de ses infrastructures, pourtant construites entre 1921 et 1934. Lors d’une visite de terrain le 5 juillet 2025, le ministre congolais des Finances, du Budget et du Portefeuille public, Christian Yoka, a tiré la sonnette d’alarme : « En réalité, nous n’avons d’autre choix que de sauver le CFCO. L’État est intervenu à plusieurs reprises pour soutenir cette entreprise, et aujourd’hui encore, des discussions sont en cours pour élaborer un plan de sortie de crise. »
Un état de délabrement avancé
Sur place, le ministre a été accueilli par des cheminots désespérés, qui réclament 42 mois d’arriérés de salaires. Le constat dressé par Ignace Nganga, directeur général du CFCO, est accablant : « Les ateliers du chemin de fer ressemblent à un champ de ruines. Le réseau ferroviaire est fortement dégradé, le parc de locomotives est quasi-inexistant, les wagons sont en nombre insuffisant, et les systèmes de télécommunications, de signalisation et d’énergie sont hors d’usage. »
À cette dégradation matérielle s’ajoute une situation financière catastrophique. Le CFCO affiche des pertes cumulées de plus de 72 milliards FCFA, une trésorerie exsangue avec seulement 71 millions FCFA disponibles, un fonds de roulement négatif, et des dettes fiscales, sociales et commerciales estimées respectivement à plus de 56 millions, 28 millions et 14 millions FCFA.
Un réseau stratégique abandonné
Le CFCO est un établissement public à caractère industriel et commercial qui exploite un réseau de 885 kilomètres de voies ferrées. Il comprend trois tronçons principaux : la ligne Congo-Océan (Pointe-Noire–Brazzaville), la ligne Mont-Bélo–Mbinda (285 km) et la ligne Bilinga–Dolisie (91 km). Créé par ordonnance le 16 février 2000, le CFCO devait initialement être privatisé en 2004, mais l’appel d’offres lancé à l’époque s’est soldé par un échec.
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Aujourd’hui, la survie du CFCO passe par une profonde réforme structurelle. Dans un contexte économique tendu, Christian Yoka appelle à un sursaut national pour relancer ce pilier historique du transport ferroviaire, et redonner à l’économie congolaise un outil logistique vital.

