Au Cameroun, l’accès au foncier est l’un des facteurs de production qui perturbent le climat des affaires. Pour améliorer la situation, le gouvernement s'apprête à implémenter le plan d’affectation des terres. Un atelier de prévalidation de l’outil a d’ailleurs été présidé par Paul Tasong, le ministre délégué auprès du ministère de l’Economie, de la Planification et de l’aménagement du territoire (Minépat) la semaine dernière.
Selon Guy Debok, le directeur de l’aménagement du territoire et de la mise en valeur des zones frontières au Minepat, l’outil annoncé n’a certes pas vocation à résoudre totalement le problème compte tenu de la multitude d’acteurs qui entrent en jeu, mais il permettrait d’apporter des éléments de réponse. « Avec ce plan, on voit quels sont les usages plus optimaux que nous pouvons faire dans tel ou tel territoire. Et sur cette base, orienter les investisseurs privés vers ces zones afin que leurs investissements soient plus rentables pour la communauté », fait-il savoir dans les colonnes du journal gouvernemental Cameroon Tribune.
En plus, le plan d'affectation des terres entend visiblement limiter les conflits voire les scandales devenus récurrents dans le domaine. « Aussi, le document va permettre d’identifier les zones en conflits pour essayer d’apporter des éléments d’arbitrage. On parle de la mine, de la forêt. En cas de besoin d'investissement, il faudra savoir par quoi commencer. C’est ce type d'arbitrage que le plan d’affectation va permettre de faire et d’adopter des orientations pour un développement équilibré, harmonieux et durable », a renchéri le cadre de l’administration.
Il convient de noter que cette démarche des pouvoirs publics n’est pas anodine vu les plaintes du secteur privé. Le Rapport de l'enquête sur le climat des affaires dans le secteur industriel publié par le ministère de l’Economie en décembre 2023 renseigne que 76% des chefs d’entreprises interrogés jugent difficile l’accès aux terres contre 24% seulement qui sont satisfaits. Une telle innovation sonne également comme un début de réponse à l’instruction récemment donnée par le chef de l’Etat, appelant à la bonne gouvernance foncière. « Améliorer la gouvernance, c’est aussi amplifier la lutte contre la corruption et les détournements des deniers publics. C’est garantir une sécurité juridique aux investissements privés. C’est assurer la protection de la propriété foncière, où certaines dérives ont été constatées », a indiqué Paul Biya dans son traditionnel discours à la Nation le 31 décembre 2024.
Du reste, l’on apprend que le plan en gestation devrait permettre de localiser les endroits appropriés pour aménager les zones économiques afin de stimuler la croissance économique projetée à 8% en 2030 contre 4,1% attendue en 2025.

