A la veille de toutes les rentrées scolaires, c’est quasiment le même son de cloche qui retentit au Laboratoire national de contrôle de qualité des médicaments et d'expertise (Lanacome) : grogne des employés de cette entreprise d’Etat pour exiger l’apurement des arriérés de salaires. Un an après le dernier mouvement d’humeur en mai 2021, le personnel du Lanacome déchante à nouveau, et réclame le paiement de 4 mois d’arriérés de salaire. Les employés, représentés par la Confédération des syndicats autonomes du Cameroun (Csac), ont annoncé les prémisses d’un mouvement d’humeur en préparation, en brandissant la semaine dernière à Yaoundé, des pancartes qui expriment au mieux le ras-le-bol des travailleurs : « Monsieur le ministre de la Santé, c’est encore nous avec le même problème de salaire » ; « le ministre de la Santé, madame le directeur du Lanacome, le personnel vous a fait quoi pour être traité de la sorte ? » ; « 04 mois sans salaire »...
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Outre les arriérés de salaire, les employés égrènent un chapelet d’insuffisances qui plombent leurs conditions socioprofessionnelles. Is déplorent des quotes-parts gelées, des subventions bloquées, et leur clochardisation par leur administration... Par conséquent ils annoncent une grève illimitée, qui devrait se généraliser à compter du 2 août prochain.
Il va sans dire que la déliquescence du climat social au sein du Lanacome, arrivée à son paroxysme en 2020, est toujours aussi prégnante. Cette année- là, les employés avaient décidé de battre le pavé, encadrés par le Syndicat Départemental des Employés des Etablissements de Santé, Pharmacies et Assimilés du Mfoundi (Syndesapam) pour revendiquer des impayés de 4 mois. Au terme de concertations entre la direction générale, le ministère du travail et les délégués du personnel, des résolutions avaient été prises, mais n’avaient pas été respectées pour la plupart par l’administration. Donnant lieu à un conflit ouvert entre la direction générale et les délégués du personnel. Deux d’entre eux, Ibrahim Njoya et Isacar Pernel Libam IV, avaient d’ailleurs été suspendus car qualifiés de « meneurs de cette cabale ».
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La situation financière du Lanacom rendue publique dans le rapport 2020 de la Commission de Réhabilitation des Entreprises (CTR), s’est détériorée à cause d’une mesure prise par le ministère de la Santé publique en avril 2019 : celle de suspendre l’homologation des médicaments par le Lanacome, pour se réapproprier les prérogatives préalablement dévolues à cette institution d’expertise avérée en la matière. Et pourtant, le Lanacome percevait jusqu’à 55% des frais d’homologation des médicaments, et les retombées lui permettaient de renflouer ses caisses. Il s’en trouve ainsi privé de ces recettes qui constituaient une bonne partie de son budget.

