Pour redynamiser des échanges commerciaux en net recul, le Cameroun prépare une mission économique au Royaume-Uni prévue en décembre 2026. L'initiative fait suite à une rencontre, le 7 septembre 2026, entre le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, et le Haut-Commissaire britannique, Matthew David Woods. L'objectif principal est de permettre aux entreprises camerounaises de nouer des partenariats, d'attirer des financements et d'acquérir des technologies dans des secteurs prioritaires comme l'énergie, les infrastructures, l'agriculture et l'agro-industrie. Les porteurs de projets ont d'ailleurs jusqu'à la fin de la semaine pour transmettre leurs propositions préliminaires au Haut-Commissariat britannique.
Cette mission intervient dans un contexte de ralentissement des flux commerciaux. Selon les données publiées le 31 juillet 2026 par le Department for Business and Trade britannique, le commerce global de biens et services entre les deux nations s'est établi à 242 millions de livres sterling (environ 184,85 milliards de FCFA) entre avril 2025 et mars 2026. Ce montant traduit une baisse globale de 32 % sur un an. Ce repli est presque exclusivement tiré par le commerce de marchandises, en baisse de 48,9 % à 116 millions de livres, tandis que le secteur des services a mieux résisté avec 126 millions de livres enregistrés, soit une légère baisse de 2,3 %.
Lire aussi :Marchés financiers : le Cameroun initie un roadshow auprès des investisseurs internationaux
Malgré ce ralentissement, la balance commerciale demeure favorable au Cameroun. Les ventes camerounaises vers le Royaume-Uni se sont élevées à 155 millions de livres sterling, en baisse de 36 %, tandis que les importations britanniques ont atteint 87 millions de livres, enregistrant un recul de 23,7 %.
Le pétrole brut reste la principale matière première camerounaise achetée par le Royaume-Uni avec 37,2 millions de livres sterling, en dépit d'une chute spectaculaire de 67,4 %. À l'inverse, d'autres filières connaissent une belle dynamique. Les exportations camerounaises de fruits et légumes grimpent à 22,8 millions de livres (+37 %), le café, le thé et le cacao atteignent 4,5 millions (+60,1 %), et le caoutchouc brut s'élève à 1,4 million (+49 %). Le bois et le liège complètent les exportations majeures avec 20,9 millions de livres (-18,1 %). Du côté britannique, les ventes vers le Cameroun sont tirées par les boissons et le tabac (3,5 millions de livres), l'automobile (3 millions) et les machines industrielles (2,2 millions).
Sur le plan des investissements directs étrangers, le stock britannique au Cameroun reste modeste mais progresse, s'établissant à 98 millions de livres sterling à la fin 2024, en hausse de 10,1 % sur un an. En comparaison, la présence financière camerounaise au Royaume-Uni demeure très marginale avec un stock d'investissements estimé à seulement 3 millions de livres.
Par Inès Marie Nga (Stagiaire)














