La junior minière britannique Kropz Plc a annoncé, par voie de communiqué le 17 septembre, le lancement des premiers travaux sur le gisement de phosphate de Hinda, situé à 40 km au nord-est de Pointe-Noire. Selon l'entreprise, l’objectif de cette opération est d'extraire 10 tonnes d’échantillons de minerais en vue de valider les procédés de sa future usine de transformation. « Le contrat de construction en boîte a été attribué à des entreprises locales, l’exploitation étant supervisée par des ingénieurs miniers […]. Le projet est soutenu par les équipes Cominco et Kropz », précise le document officiel.
Sur le plan technique, la société explique que cette phase repose sur l'aménagement d'une « coupe en boîte ». Cette excavation de surface consiste à creuser une large tranchée pour retirer la terre stérile et exposer directement la couche minéralisée à ciel ouvert. Prévus pour durer deux à trois mois selon les estimations de Kropz, ces travaux doivent fournir les données techniques préalables à la construction de la mine. D'après le communiqué, les échantillons extraits seront expédiés en Afrique du Sud, au laboratoire de sa société sœur Elandsfontein, pour des tests métallurgiques devant définir les spécifications des futurs équipements. « Cette première étape de développement constitue une étape importante […] pour commencer à réaliser le grand potentiel des vastes ressources du projet Hinda », a déclaré Louis R. Loubser, directeur général de Kropz.
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Cette accélération du calendrier intervient dans un contexte mondial particulièrement favorable. Selon les données récentes du Shanghai Metals Market (SMM), les prix de la roche phosphorique connaissent une tendance haussière soutenue, portés par une double pression : la demande incompressible en engrais pour la sécurité alimentaire et l'appétit grandissant des industriels pour les batteries LFP (Lithium-Fer-Phosphate) destinées aux véhicules électriques. Cette future unité viendra ainsi renforcer le tissu industriel extractif congolais en se positionnant sur un marché où opère déjà le magnat Nigerian Aliko Dangote à travers Dangote Fertilizer.
D'après Kropz, le gisement de Hinda possède des ressources certifiées selon le code JORC - la norme internationale garantissant la fiabilité des estimations minières - évaluées à 650 millions de tonnes. La teneur est de 10 % en pentoxyde de phosphore (P2O5), l'indicateur mesurant la concentration commerciale du minerai. L'étude de faisabilité réalisée en 2015 et actualisée en 2021 indique une production initiale de 1 million de tonnes par an (Mtpa), augmentant ensuite à 2 millions de tonnes annuelles, pour une durée de vie supérieure à 25 ans.
Le projet franchit cette étape décisive après plus d'une décennie de gestation. Pour l'heure, la direction de Kropz indique avoir déjà injecté environ 47 millions de dollars américains, un montant alloué notamment à la réalisation de 929 forages d'exploration et à diverses études. L'entreprise n'a toutefois pas révélé, à ce stade, le coût d'investissement final (Capex) requis pour la construction de l'usine. En perspective de la phase d'exploitation, les documents de la société révèlent l'intention de céder une participation de 10 % ciblant le gouvernement de la République populaire de Chine. Selon la stratégie dévoilée par la junior minière, ce marché asiatique, grand consommateur de fertilisants et leader des batteries LFP, pourrait à terme absorber l’essentiel de la production phosphatière congolaise.
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