Avec seulement 224,9 milliards de FCFA décaissés en 2025, les investissements publics congolais sont restés très en deçà des ambitions du gouvernement. Deux ans plus tard, Brazzaville entend consacrer 680 milliards de FCFA aux investissements structurants, soit près du triple du montant effectivement dépensé en 2025. Cette enveloppe figure dans le projet de loi de finances 2027, approuvé le 7 octobre en Conseil des ministres, et traduit la volonté de l'exécutif d'accélérer la réalisation d'infrastructures dans un pays dont l'économie demeure largement tributaire des hydrocarbures.
Selon le document présenté par le ministre des Finances, Christian Yoka, les investissements envisagés seront principalement orientés vers les infrastructures économiques et sociales, l'énergie, les transports et le développement agricole. Sur les 680 milliards de FCFA programmés, 327,7 milliards devraient être mobilisés sur ressources internes, soit 48 % du total.
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Le compte rendu du Conseil des ministres ne précise pas l'origine des 352,3 milliards restants, qui représentent pourtant plus de la moitié de l'enveloppe.
L'ambition contraste avec les résultats de l'exercice 2025. D'après le projet de loi de règlement également approuvé le 7 octobre, les dépenses d'investissement n'ont été exécutées qu'à 53,9 % des prévisions. Le gouvernement avait ainsi prévu environ 417 milliards de FCFA, mais n'en a effectivement décaissé que 224,9 milliards. Dans le même temps, les dépenses courantes ont dépassé leur enveloppe initiale, avec un taux d'exécution de 104 %, correspondant à 1 139,8 milliards de FCFA.
Des ambitions adossées au pétrole et aux financements extérieurs
Pour soutenir cette politique d'investissement, Brazzaville anticipe une progression de ses recettes budgétaires à 3 120,8 milliards de FCFA en 2027, contre 2 778 milliards inscrits dans le budget rectificatif de 2026. Cette hausse attendue de 12,3 % repose notamment sur l'augmentation de la production pétrolière, projetée à 112 millions de barils contre 105 millions en 2026. Le gouvernement retient également un prix moyen du brut congolais de 71 dollars le baril et mise sur la montée en puissance de la production et de la valorisation du gaz naturel.
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Ces perspectives devraient contribuer à porter la croissance économique à 6,9 % en 2027, après 5,6 % attendus en 2026. Elles s'accompagnent toutefois d'un objectif de désendettement, le gouvernement prévoyant de ramener le ratio de dette publique de 88,6 % à 80,9 % du PIB sur la même période. La mobilisation des ressources nécessaires demeure néanmoins une équation à résoudre. Lors du Conseil des ministres, Christian Yoka a reconnu que les ambitions du gouvernement ne pouvaient être financées par les seules ressources internes. Selon le compte rendu officiel, « la mobilisation de ressources externes, sous forme d'appui budgétaire ou d'emprunt, est impérative et dépend de la conclusion d'un programme avec le FMI ».
Brazzaville cherche ainsi à obtenir un nouvel accord avec le Fonds monétaire international afin de faciliter l'accès aux financements extérieurs. Une perspective importante pour la mise en œuvre du programme d'investissement 2027, alors que le gouvernement entend simultanément contenir ses dépenses, poursuivre le remboursement de sa dette et réduire sa dépendance aux recettes pétrolières.










