La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC) a terminé l’année 2024 au rouge. A en croire les états financiers consultés par EcoMatin, l'entreprise étatique a enregistré un résultat net de 18,9 milliards FCFA (34,1 millions de dollars américains), marquant une baisse drastique (-72%) par rapport aux 68,4 milliards FCFA (122,9 millions USD) de bénéfices réalisés en 2023. Le rapport rendu public le 30 juin dernier n’explique pas ce recul, mais plusieurs facteurs semblent avoir influencé ce niveau de performance. Entre autres, la baisse de la production annuelle du pétrole et du gaz de la SNPC par champ.
Venant de 14,864 Mbep (milliards de baril équivalent pétrole) en 2023, cet indicateur a reculé à 14,024 Mbep un an plus tard. Cette baisse, apprend-on, intervient dans un contexte de « recul des recettes publiques issues du pétrole, ainsi que des problèmes logistiques ayant affecté l'approvisionnement du territoire ». Signalons qu'en début d’année 2025, le gouvernement congolais ambitionnait de quasiment doubler sa production journalière de pétrole pour atteindre 500 000 barils par jour, contre environ 330 000 barils par jour en 2024.
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Autres indicateurs clés en diminution, le chiffre d’affaires annuel de la SNPC. Il est passé de 702 milliards FCFA (1 260,8 millions USD) en 2023 à 654,6 milliards FCFA (1 175,8 millions USD) en 2024, traduisant un recul de 7%. Impactés par l’affectation en réserve du résultat de l’exercice 2023, le paiement des dividendes ainsi que les corrections apportées aux amortissements antérieurs, les capitaux propres de l’entreprise ont légèrement régressé pour atteindre 1,5 milliards FCFA, contre 1,6 milliards FCFA un an plus tôt.
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Pour rappel, l’État congolais a récemment accordé à la SNPC plusieurs permis d'exploration et d'exploitation, notamment sur les blocs Onshore Nanga I, Mayombe II et Kouakouala. Pour soutenir son plan d’expansion et de renforcement des activités de forage et de production pétrolière, la société publique congolaise faisait sa première incursion sur le marché financier régional. En effet, la SNPC a lancé en fin décembre 2024 un emprunt obligataire de 100 milliards FCFA auprès des investisseurs de la CEMAC. L’issue de cette opération, -toujours attendue- permettra de déterminer l’intérêt des souscripteurs de la sous-région pour cet emprunt. Notons qu’il s’agit de la première phase d’un programme global de mobilisation d’une enveloppe totale de 300 milliards de Fcfa.
En effet, ce plan stratégique dénommé « Performance 2025 » a pour ambition d'augmenter significativement la production nationale, dans un contexte marqué par le vieillissement des champs existants et la nécessité d'explorer de nouveaux gisements. Celui-ci cible environ 14 projets prioritaires qui vont des opérations de forage, de complétion, aux travaux de maintenance sur les permis d’exploitation de Kouakouala et Nanga I, etc. Sur le site de Kouakouala par exemple, un workover lourd du puits KKL-403ST est prévu, avec un budget de 2,38 milliards de Fcfa, ainsi que le forage, la complétion et les tests de deux nouveaux puits, pour un montant total de 15 milliards de Fcfa…

