Le Fonds monétaire international (FMI) suit de près l’actualité relative au reprofilage de la dette récemment annoncé par les autorités du Congo. C'est ce qui transparait dans un communiqué publié à l’issue d’une mission des services du FMI au titre de la 6ème Revue de la Facilité élargie de crédit (FEC). « L’équipe du FMI entreprend des discussions avec les autorités pour obtenir des informations supplémentaires afin d'évaluer pleinement, les implications sur les finances publiques du Congo et la stabilité financière régionale », lit-on.
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L'institution de Bretton Woods qui a signé avec le Congo le 21 janvier 2022 le programme triennal soutenu par la Facilité élargie de crédit (FEC) n’émet pas pour le moment un avis sur cette question mais elle envisage tout de même d’examiner « les mesures des autorités pour atténuer d’éventuels risques associés ». Une sortie qui intervient au moment où l’agence britannique de notation souveraine Standard & Poor’s (S&P) vient de sanctionner le Congo sur l’échelle de notation en abaissant de 4 crans sa note sur les emprunts en devise et de longues maturités. Elle l'a fait passer de « B- » à « CCC ». Pour S & P, la décision du Congo de reprofiler sa dette est un gros risque pouvant l’induire à ne pas honorer ses engagements si les obligataires ne souscrivent pas au programme et souhaitent par conséquent entrer en possession de leur dû dans les délais initiaux.
Tensions de trésorerie
Il faut dire que les autorités congolaises ont annoncé en début octobre dernier, leur souhait d'initier un reprofilage volontaire de la dette couvrant 2 314 milliards de Fcfa (environ 3,8 milliards de dollars) de titres du Trésor libellés en monnaie locale précédemment émis sur les marchés régionaux. Le but du rééchelonnement des maturités étant d’améliorer le calendrier d'amortissement et alléger la pression des finances publiques dans un contexte marqué par des tensions de trésorerie.
En attendant l’évaluation des conséquences du reprofilage de la dette, le FMI anticipe sur l'exercice 2025 sur la base du projet du budget y relatif. Pour l’institution financière, l’amélioration de la viabilité de la dette (dont le ratio PIB est largement au-dessus de la norme communautaire de 70%, Ndlr) est l’un des leviers à actionner pour accélérer la consolidation fiscale et faire avancer la mise en œuvre de l'agenda des réformes structurelles. Pour ce faire, préconise-t-elle, il faut privilégier des efforts additionnels dans la mobilisation de revenus et la rationalisation des dépenses. Dans ce sens, le Congo table sur des recettes de 2 826 milliards de Fcfa (+8,48%) en 2025 contre 2 233 milliards de Fcfa (+15%) de dépenses ce qui fera un excédent budgétaire de 593 milliards de Fcfa, lequel excédent serait absorbé par le déficit de trésorerie prévu à 699 milliards de Fcfa.
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Du reste, les perspectives des indicateurs macroéconomiques notamment le taux de croissance et l’inflation, s’annoncent mitigées au Congo pour cette fin d’année. « La reprise économique du Congo se poursuit à un taux de croissance de 2,6 % prévu pour 2024, atténuée par un ralentissement dans le secteur pétrolier. La croissance devrait se renforcer dans le moyen terme, soutenue par la résilience des activités dans le secteur hors hydrocarbures, tandis que l'inflation devrait progressivement revenir vers la cible communautaire de 3% », prévoit le FMI.

