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Consommation : le Gabon veut réduire de 30 % ses importations alimentaires en 5 ans

Face à une dépendance chronique aux importations alimentaires, le gouvernement gabonais lance deux nouveaux fonds pour relancer la production locale et structurer le secteur agropastoral. Objectif : atteindre 50 % de consommation locale d’ici 2030.

Publiée jeudi 5 juin 2025 à 17:58:09Modifiée vendredi 6 juin 2025 à 10:42:18Temps de lecture 4 minPar Vicky BAGAL

Produits alimentaires
Le Gabon importe 80% de sa consommation alimentaire

Le Gabon vient de donner un nouveau souffle à sa stratégie de souveraineté alimentaire et de diversification économique. Au terme du Conseil des ministres du 4 juin dernier, le gouvernement a acté la création de deux fonds de financement pour le domaine agropastoral afin de relever l’économie nationale et d'améliorer concrètement les conditions de vie des Gabonais. Le Fonds stratégique agricole (FSA) et le Fonds stratégique pour le développement de la pêche et de l’aquaculture (FDPA), dont les équipes de direction restent à constituer, auront pour principal actionnaire commun le Fonds gabonais de l’investissement (FGIS) et pour objectif prioritaire « porter à plus de 50% la part de la production locale dans la consommation alimentaire nationale à l’horizon 2023 » selon Odette Polo, ministre gabonaise de l‘Agriculture.

Lire aussi : Le Gabon muscle sa politique économique avec la création de cinq fonds stratégiques

En effet, selon le rapport « Compact Gabon pour l’alimentation et l’agriculture, 2023 » de la Banque africaine de développement, les importations alimentaires du pays représentent 80% de la consommation alimentaire. Une dépendance à l'importation des denrées alimentaires qui coûte plus de 450 milliards de FCFA par an à l'État. Pour cause, le secteur agricole, peu développé et dominé par de petites exploitations familiales pratiquant une agriculture vivrière à faible productivité, affiche une croissance de 3% et pèse environ 2% du PIB en 2023. Pour parvenir à renverser cette tendance, les FSA et FDPA ont pour mission de stimuler la production agricole locale, structurer les chaînes de valeur agricoles et créer des emplois durables dans les zones rurales afin de favoriser l’autosuffisance alimentaire et de renforcer la sécurité alimentaire du pays.

Une volonté politique parmi tant d’autres

La création de ces fonds intervient sous la forme de défis structurels dans un contexte où le gouvernement n’a de cesse de multiplier les politiques pour tenter d’amortir la saignée des importations de produits alimentaires. On rappelle que depuis 2023 ce sont une dizaine d’actions pour le développement agropastoral du pays qui ont été annoncé. Citons par exemple le Plan National de Développement pour la Transition (PNDT 2024-2026) qui prévoit un investissement de 58,6 milliards FCFA pour renforcer la souveraineté alimentaire et développer les filières exportatrices et n’a mobilisé que 3 milliards FCFA à date. Le Programme de Développement Agricole et Rural (PDAR 2) de 10,6 milliards FCFA, financé par le FIDA était annoncé pour la même période. Une Société pour l’Agriculture et l’Élevage du Gabon (SAEG) ainsi qu’un Fonds de développement agricole (FDA) ont également été créé en mai 2024 pour « redynamiser le secteur agricole et de l’élevage ».

Lire aussi : Comment le Gabon compte atteindre une croissance économique de 10 % en 2025

De plus, pour soutenir les projections selon lesquelles la croissance du secteur agricole atteindrait les 6,4% entre 2024 et 2025, le gouvernement avait organisé le Festival agro-sylvo-pastoral et halieutique de Ntoum, annoncé comme un cadre de concertation et d’élaboration d’une politique agricole de relance et la mise en place de mécanismes de financement pour la création des Zones Agricoles à Forte Productivité (ZAP) de 8 500 hectares dont le besoin financier est estimé à 30 milliards FCFA. Bon nombre d’initiatives ambitieuses alors que tout juste 2 % du budget national soit environ 50 milliards FCFA, ont été consacrés à l’agriculture en 2024.

Lire aussi : Gabon : Oligui Nguema dénonce les accords de pêche avec l'UE jugés déséquilibrés

A noter que, pendant que le gouvernement gabonais cherche la bonne formule pour relancer sa production alimentaire locale, les importations, elles, progressent en moyenne de 11% par an, créant un déficit commercial estimé à environ 485 millions de dollars américains en 2023 (environ 270 milliards FCFA) selon l’Institut national de la statistique du Gabon (INSTAT-Gabon). La réalisation des objectifs fixés par les fonds FSA et FDPA permettrait alors de changer la donne mais également d’améliorer davantage la balance commerciale du pays, excédentaire grâce à la forte contribution des opérations d’exportation de pétrole (83% des exportations du pays en 2023)

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